Verdict express
C
Note globale
Conviction 55% • Momentum
Nebius construit des fermes de GPU
et un cloud pour l'industrie AI. Le chiffre d'affaires a été multiplié par près de huit sur un
an, la marge brute tient à 72%, et le titre a fait x5 depuis son creux de $43,89. Voilà pour
l'histoire. Sous le capot, l'exploitation perd encore de l'argent, la valorisation vaut 63 fois
les ventes, et la croissance se paie en actions nouvelles. À $218, on n'achète pas une société
bon marché : on prend un pari sur la demande de calcul AI, avec une volatilité qui déplace le
cours de 12% par jour. Ça se joue en petite taille, sur des niveaux, pas sur la conviction.
Ce qui porte
- Revenus $877,9 M, croissance +684% sur un an
- Marge brute 72% • trésorerie $9,37 Md
- Entrée récente au Nasdaq 100 → achats indiciels mécaniques
- Objectif moyen analystes $244 • recommandation « achat »
Ce qui gêne
- Cœur de métier en perte : marge op. -32%, EBITDA -38,6 M$
- Valorisation 63× les ventes, PER prospectif à trois chiffres
- Dilution active : trois tranches d'actions vendues depuis sept. 2025
- ATR 12%/jour : le titre a fait $290 → $194 → $218 en sept séances
Ce que fait la société
Nebius en une phrase : une société technologique basée aux
Pays-Bas (Schiphol) qui loue de la puissance de calcul pour l'AI. Elle bâtit des clusters de GPU à
grande échelle et un cloud pour développeurs, sur le même créneau que CoreWeave. Elle porte aussi des
activités annexes (edtech, etc.), mais c'est le calcul AI qui fait le cours.
Pays-Bas
Siège (Schiphol)
$877,9 M
Revenus (12 mois)
La demande est réelle. Quand Amazon relève le
prix de ses GPU cloud, les « neoclouds » comme Nebius deviennent mécaniquement plus compétitifs, et les
analystes le notent
Insider Monkey· 10 juil 2026.
Le débat porte ailleurs : est-ce que la croissance justifie une capitalisation de $55 Md pour une
société qui n'est pas encore rentable
Simply Wall St.· 9 juil 2026 ?
Fondamentaux : lire au-delà du PER
Le piège du bénéfice :
le PER courant affiche 84×, ce qui suggère une société profitable. C'est trompeur. Deux trimestres sur
les quatre derniers affichent un bénéfice par action positif (2,45$ au 2T 2025, 2,11$ au 1T 2026),
mais ces gains viennent d'éléments hors exploitation, pas du métier de base. Les deux autres trimestres
perdent de l'argent (-0,99$ au 4T 2025), la marge opérationnelle est de -32% et l'EBITDA reste
négatif à -38,6 M$. Le cœur d'activité brûle encore du cash.
| Métrique | Valeur | Lecture |
| Capitalisation | $55,3 Md | Grande valeur, plus une small-cap |
| Revenus (12 mois) | $877,9 M | +684% sur un an |
| Valeur d'entreprise / ventes | 63× | Valorisation de rêve, tout est dans l'exécution future |
| Marge brute | 72% | Solide pour de l'infra |
| Marge opérationnelle | -32% | Exploitation déficitaire |
| EBITDA | -$38,6 M | Pré-profit |
| Trésorerie / Dette | $9,37 Md / $9,59 Md | Quasi à l'équilibre (dette nette ~$0,2 Md) |
| Valeur comptable / action | $28,27 (P/B 7,6×) | On paie 7,6× les fonds propres |
| PER prospectif | 603× | Le marché price des profits très lointains |
| Objectif moyen analystes | $244 | +12% vs cours, recommandation « achat » |
Ce que 63× les ventes veut dire : pour justifier ce prix, Nebius doit non seulement
continuer à croître très vite, mais aussi transformer cette croissance en marges positives, sans se
faire distancer par des concurrents mieux capitalisés. C'est jouable. Mais à ce multiple, la moindre
déception se paie cash. À titre de comparaison, CoreWeave, le pair le plus direct, a perdu 40% sur la
période récente
24/7 Wall St.· 9 juil 2026.
Dilution : à dire franchement
Nebius finance sa course aux GPU en partie en vendant des
actions. Le registre de la SEC montre trois prospectus de placement (formulaire 424B5) déposés sur une
fenêtre courte : deux en septembre 2025 (les 10 et 12) et un en novembre 2025, tous rattachés à la même
enveloppe de rayonnage (shelf) enregistrée. Ce ne sont pas des dépôts théoriques : un 424B5 accompagne
une émission réellement réalisée.
220,4 M
Actions en circulation
3 tranches
Placements 424B5 (sept.–nov. 2025)
$9,37 Md
Trésorerie post-levées
La nuance qui compte : ce n'est pas un financeur toxique de type « death spiral ». Les
levées se sont faites en actions classiques et en dette, avec une trésorerie confortable à l'arrivée.
Mais le message est clair : l'équipe dirigeante n'hésite pas à taper le marché quand le titre est haut.
Tant que le cours reste élevé, une nouvelle tranche peut tomber. Si elle est émise nettement sous le
cours, elle plafonne le titre à court terme. À surveiller à chaque nouveau 424B5.
Short interest : 24%, mais pas un squeeze
24,2%
Short / Flottant (15/06)
Plus-haut 2 ans
~3,1 j
Jours pour couvrir
Pression modérée
0,70%
Coût d'emprunt
Titres faciles à emprunter
$220
Max pain (échéance 10/07)
Proche du cours
Ne pas confondre short élevé et squeeze imminent. Le short interest a grimpé sans
interruption : 6,5% du flottant à la mi-2025, 12% en novembre, 18% fin décembre, 24,2% au 15 juin 2026,
soit près de 51 millions d'actions. Sur le papier, ça ressemble à une poudrière. Sauf que le coût
d'emprunt n'est que de 0,70% et qu'il reste des titres disponibles à emprunter. Autrement dit, les
vendeurs à découvert ne sont pas piégés : ils shortent une valorisation, pas un flottant verrouillé. Le
carburant de la hausse ici est fondamental (demande AI, achats indiciels du Nasdaq 100), pas un
short-squeeze mécanique. Qui achète NBIS en pariant sur un squeeze se trompe de trade.
Technique : refroidissement après l'excès
45,3
RSI (14)
Neutre, ni surachat ni survente
$25,97
ATR (14)
~12% du cours par jour
$216,91
EMA 50
Le cours s'y appuie
$145,40
EMA 200
Tendance longue haussière
Le cours à $218 s'appuie tout juste sur sa
moyenne mobile 50 jours ($216,91), après un aller-retour brutal : plus-haut à $290,60 le 30 juin, chute
à $193,68 le 7 juillet, rebond à $216 depuis. Le MACD reste négatif, l'EMA 20 ($234,20) surplombe le
cours. Bref, l'élan haussier s'est essoufflé sans casser la structure longue. Le gap laissé ouvert le
1er juillet (sous $276) n'est toujours pas comblé, il sert d'aimant vers le haut. Le vrai plancher de
court terme, c'est le creux du 7 juillet à $193.
| Type | Niveau | Signification |
| R2 | $299,86 | Plus-haut 52 semaines |
| R1 | $276 | Gap ouvert du 1er juillet, non comblé |
| Résistance | $234,20 | EMA 20 — à reprendre pour relancer |
| COURS | $217,99 | — |
| Support | $216,91 | EMA 50 — appui actuel |
| S1 | $193,68 | Creux du 7 juillet — casse = rupture |
| S2 | $145,40 | EMA 200 — filet de sécurité de la tendance |
Risques
Profil de risque : élevé
Valorisation extrême, exploitation déficitaire, volatilité de type small-cap sur une grande
valeur, et un robinet à actions ouvert. Rien de tout cela n'empêche le titre de monter, mais
tout amplifie la chute quand le vent tourne.
Valorisation 63× ventes
Volatilité 12%/jour
Dilution récurrente
Pré-profit
- 63× les ventes, PER prospectif à trois chiffres
- Toute déception de croissance se paie violemment
Aucune marge d'erreur au prix actuel.
- ATR de $26, soit ~12% du cours par jour
- $290 → $194 → $218 en sept séances
Taille réduite obligatoire, stops larges.
- Trois placements 424B5 depuis septembre 2025
- Shelf actif : une nouvelle tranche peut tomber
Non toxique, mais plafonne le titre par à-coups.
- Exploitation déficitaire (marge op. -32%)
- Concurrents mieux capitalisés sur le même créneau
Tout repose sur le passage à des marges positives.
Pourquoi le titre reste cher malgré tout : parce que la demande de calcul AI est
réelle, que l'entrée au Nasdaq 100 force des achats passifs, et que le marché préfère payer la
croissance à l'avance. Ce sont de bonnes raisons de hausse. Ce ne sont pas des raisons de dormir avec
une grosse position.
Trade Idea — le range, pas l'histoire
Zone d'entrée
$210 – $218
Appui EMA 50 ; renforcer si reprise de $234
Stop
$192
Sous le creux du 7 juillet (~-11%)
Objectifs
$276 / $300
Gap du 1er juil., puis plus-haut 52 sem.
Rendement / Risque
~1:2,5
Sur le premier objectif
Thèse : à $218, le titre teste son EMA 50 après avoir purgé l'excès de fin juin. Un
rebond qui reprend $234 rouvre le gap vers $276. C'est un trade tactique sur des niveaux, pas un pari de
fond sur la valorisation. On joue le mouvement, on ne se marie pas avec la société.
Gestion du risque — non négociable : avec un ATR à 12% du cours,
la position se limite au quart de la taille d'une valeur normale. Le stop à $192 n'a rien de large : il
tient à un ATR sous le cours, juste sous le creux du 7 juillet ($193,68). Une seule séance qui reteste ce
plancher vous sort : c'est un stop serré, pas un matelas. Le choix est assumé pour garder une invalidation
propre, mais il laisse du risque de faux signal ; c'est la TAILLE réduite qui plafonne la perte, pas la
marge du stop. Une clôture sous $193 annule le scénario et renvoie vers la zone des $145 (EMA 200).
Éviter d'entrer juste avant une éventuelle nouvelle levée de capitaux.
Ce qui me ferait changer d'avis : une nouvelle tranche d'actions émise nettement sous
le cours, ou un retournement du récit AI-capex (le thème « les stars du Nasdaq décrochent » gagne du
terrain
Yahoo Finance· 10 juil 2026).
Dans les deux cas, un multiple de 63× les ventes se dégonfle vite. Pas de résultats publiés dans les 30
prochains jours : le prochain vrai catalyseur binaire, ce sont les comptes trimestriels, à surveiller.
Note globale
Momentum spéculatif
Profil
À retenir — le pour
- Croissance revenus +684%, marge brute 72%
- Trésorerie $9,37 Md, dette nette quasi nulle
- Achats indiciels Nasdaq 100 + demande AI réelle
À retenir — le contre
- Exploitation en perte, 63× les ventes
- Dilution active, robinet à actions ouvert
- Volatilité 12%/jour, short 24% mais pas de squeeze
Discipline : le piège avec ce genre de titre, c'est de confondre une belle histoire avec
un bon prix d'entrée. Ici les deux ne coïncident pas. Si vous le tradez, faites-le petit, sur des
niveaux, avec un stop assumé, et sans rêver au x10 déjà passé.