Le ratio risque/récompense est le chiffre le plus facile à maquiller d'un signal. Il suffit de l'afficher sur la cible du rêve, pas sur celle que vous touchez en premier. On sort la calculette.
Vous recevez ce signal sur XYZ, à 50 $ :
Le « 1:4 » n'est pas faux. Il est simplement calculé sur la cible 2, celle qui est loin, celle que vous n'atteindrez pas souvent. Le premier endroit où vous encaissez, la cible 1, offre un misérable 1:1 : vous risquez 3 $ pour en gagner 3. Et comme la plupart des opérateurs allègent la moitié de la position à la première cible, c'est ce 1:1 qui pilote réellement le résultat, pas le rêve du haut.
La cible 1 est le premier prix où vous prenez une décision : sécuriser, alléger, remonter le stop. C'est donc à elle qu'on juge la qualité du signal. Exiger au moins 1:1,5 à la cible 1, c'est refuser tous les trades où vous risquez plus que ce que vous prenez d'abord.
Faites-le tourner sur une saison entière. Un système à 1:1 doit gagner plus d'une fois sur deux juste pour rentrer dans ses frais, avant même les commissions et les glissements. Un système à 1:1,5 supporte de perdre plus souvent qu'il ne gagne. C'est toute la marge de sécurité, et elle se joue sur ce seul rapport.
| R/R à la cible 1 | Taux de réussite nécessaire pour être à l'équilibre | Verdict |
|---|---|---|
| 1:1,0 | > 50 % | Fragile |
| 1:1,5 | 40 % | Correct |
| 1:2,0 | 33 % | Confortable |
| 1:3,0 | 25 % | Généreux |
Éloigner la cible 2 pour embellir le ratio ne coûte rien à celui qui rédige le signal : il ne trade pas. Un objectif à 62 $, 80 $, 100 $ fait toujours un beau « 1:4 », « 1:10 », « 1:16 ». Plus la cible affichée est lointaine et ronde, plus vous devez vérifier ce que donne le premier palier.
On garde l'entrée et le stop. On corrige la cible 1 pour qu'elle porte réellement le trade :
Même point d'entrée, même risque, deux mondes. À gauche, la première prise de bénéfice paie déjà 1,67 fois le risque : le trade tient debout tout seul, la cible 2 n'est qu'un bonus si le prix court. À droite, vous travaillez à 1:1 en priant pour un objectif lointain. Un signal ne se juge pas à la hauteur de son rêve, mais à la solidité de sa première marche.