Chronique du mandat — Épisode 1

40,8 % investis quand la règle en dit 60

Première séance du portefeuille mandat : 21 ordres, 40 798 $ engagés sur 100 000 $ de référence, et un curseur d'exposition qui ouvre presque vingt points sous le plancher promis. Voilà le détail, ligne par ligne, et ce que la simulation disait avant que le réel commence.

21 ordres Exposition 40,8 % Panier défensif 72,9 % Éducatif
Chronique du mandat1/1
Le contrat

Ce que cette chronique s'engage à faire

Il existe désormais une page permanente, le mandat, à découvert, qui affiche chaque séance l'exposition du portefeuille, sa composition, les ordres partis et la courbe de capital. Elle est froide et elle est complète. Cette chronique est l'autre moitié du dispositif : une fois par semaine, un texte qui explique ce que ces chiffres veulent dire.

Le contrat, en trois lignes

Un épisode par semaine, publié une fois les ordres transmis et la fenêtre d'exécution refermée. Les chiffres viennent du portefeuille, pas d'une reconstitution après coup. Les mauvaises semaines paraissent au même rythme que les bonnes, avec le même niveau de détail.

La troisième ligne est la seule qui compte vraiment. Un journal de portefeuille qui saute les mois difficiles ne vaut rien : il devient un catalogue de bons souvenirs. Le seul test qui vaille, c'est de retrouver ici, dans six mois, l'épisode consacré au trimestre où le cœur du portefeuille s'est fait sortir ligne par ligne.

Une précision sur le calendrier de publication. Les ordres sont racontés après leur transmission, jamais avant. Le cœur du portefeuille contient des petites capitalisations sur lesquelles une annonce préalable n'aurait qu'un effet : dégrader nos propres prix d'entrée. Les prix affichés dans les tableaux qui suivent sont donc les limites transmises, pas des prix de revient constatés.

Les décisions de la séance

Vingt-et-un ordres, aucune modification, aucune annulation

Séance du 14 août 2026, sur la base de la clôture du 13 août. Le jeu de règles a produit 21 créations d'ordres, toutes à l'achat, et rien d'autre : zéro modification de position existante, zéro annulation. C'est logique pour un premier soir, il n'y avait rien à modifier ni à annuler.

21
Ordres créés
40 798 $
Montant engagé
21
Ordres avec stop
8,71 %
Risque jusqu'aux stops

Le troisième chiffre mérite qu'on s'y arrête une seconde : les 21 ordres partent avec un niveau de sortie défini. Aucune ligne n'est envoyée nue. C'est une contrainte de construction, pas une intention.

TitreQtéLimiteStopÉloignementMontantPocheType
SCHD34334,77 $27,82 $−20,0 %11 928 $Panier défensifEntrée du soir
PDBC49817,95 $14,36 $−20,0 %8 938 $Panier défensifEntrée du soir
GLD22402,95 $322,36 $−20,0 %8 865 $Panier défensifEntrée du soir
CRWV12108,95 $76,45 $−29,8 %1 307 $Momentum haute volatilitéEntrée du soir
DIOD1399,62 $69,90 $−29,8 %1 295 $Momentum haute volatilitéEntrée du soir
BTG1505,20 $3,81 $−26,8 %780 $Explosion de momentumEntrée du soir
ACHR1097,14 $5,19 $−27,4 %779 $Explosion de momentumEntrée du soir
OWL6012,98 $9,88 $−23,9 %779 $Explosion de momentumEntrée du soir
GTM1764,42 $3,21 $−27,4 %778 $Explosion de momentumEntrée du soir
FSK6012,96 $10,28 $−20,6 %777 $Explosion de momentumEntrée du soir
DV5713,63 $10,49 $−23,1 %777 $Explosion de momentumEntrée du soir
GSBD7610,18 $8,26 $−18,8 %774 $Explosion de momentumEntrée du soir
STGW819,54 $7,14 $−25,2 %773 $Explosion de momentumEntrée du soir
AVAH3211,57 $8,26 $−28,6 %370 $Pivots post-résultatsEntrée du soir
PLTY839,57 $31,66 $−20,0 %317 $Rotation ETF USEntrée de rotation
JEDI1030,85 $24,68 $−20,0 %309 $Rotation ETF USEntrée de rotation
KDEF646,68 $37,35 $−20,0 %280 $Rotation ETF USEntrée de rotation
GDMN390,66 $72,53 $−20,0 %272 $Rotation ETF USEntrée de rotation
GDX390,57 $72,45 $−20,0 %272 $Rotation ETF USEntrée de rotation
GOEX385,86 $68,69 $−20,0 %258 $Rotation ETF USEntrée de rotation
SKYY1173,30 $138,64 $−20,0 %173 $Rotation ETF USEntrée de rotation

Trois lignes représentent à elles seules 72,9 % du montant engagé, et ce sont les trois lignes du panier défensif. Les dix-huit autres se partagent le reste par tranches de 173 à 1 307 $. Cette asymétrie n'est pas un accident de première séance, c'est la structure du portefeuille : un socle large et stable, une multitude de petites positions tactiques par-dessus.

La bande d'exposition

Le curseur ouvre à 40,8 % pour une bande visée à 60-85 %

Le mandat porte une promesse chiffrée : rester investi entre 60 % et 85 % de l'encours. Ni un fonds qui dort en liquidités, ni un portefeuille collé au plafond en permanence. Au soir de la première séance, le curseur est ailleurs.

40 798 $ engagés sur 100 000 $ de référence. Le plancher de la bande est à 19,2 points au-dessus. Le reste dort en liquidités.

Pourquoi ce trou ? Parce qu'un portefeuille de règles ne se remplit pas d'un coup. Le panier défensif se met en place immédiatement, il est décidé par construction. Le cœur, lui, dépend de ce que le filtre trouve : ce soir-là, il a sorti dix-huit candidats pour 11 068 $, soit 11,1 % de l'encours. Il n'existe aucun mécanisme qui force le portefeuille à acheter pour combler l'écart, et c'est voulu. Acheter pour tenir une statistique d'exposition serait exactement le genre de décision qu'on veut interdire.

Le point à surveiller, et il est gênant. Sur toute la période simulée, l'exposition moyenne du portefeuille ressort à 51,6 %, pour un temps passé investi de 90,1 %. Autrement dit : la stratégie était presque toujours engagée, mais rarement au niveau que la bande annonce. Si le curseur passe les prochains mois sous 60 % sans jamais y entrer, ce n'est pas le marché qui aura tort, c'est la bande qui sera mal calibrée. Cette chronique le dira.
Le panier défensif

Trois lignes qui portent les trois quarts de l'investi

29 730 $ répartis sur trois fonds, détenus en continu, sans aller-retour prévu :

FondsCe que c'estQtéLimiteMontant
SCHDSchwab US Dividend Equity ETF — grandes valeurs américaines à dividende34334,77 $11 928 $
PDBCInvesco Optimum Yield Diversified Commodity Strategy No K-1 ETF — matières premières larges49817,95 $8 938 $
GLDSPDR Gold Shares — or physique22402,95 $8 865 $

Le panier n'est pas un fond de tiroir où l'on gare la trésorerie inemployée. Il est dimensionné pour rester en place quand le cœur momentum se fait sortir de ses positions, c'est-à-dire précisément dans les phases où la tendance cesse de payer. Dividendes, matières premières, or : trois moteurs de rendement qui ne dépendent pas de la même chose que le momentum sur actions.

En simulation sur la période 2021-2026, cette poche affiche 14,28 % annualisés pour une pire perte de 17,01 % et un ratio de Sharpe de 1,15. Zéro opération comptabilisée, puisqu'elle est détenue en continu et rééquilibrée, pas tradée.

Concentration à déclarer. En ajoutant les trois fonds aurifères sortis par la rotation (GDMN, GDX, GOEX) à la ligne GLD du panier, l'or et les mines d'or pèsent 9 666 $, soit 23,7 % du montant engagé et 9,7 % de l'encours. Quatre lignes, un seul sous-jacent économique. Une correction de 20 % sur le métal coûterait autour de 1 900 $ au portefeuille, soit près de 2 % de l'encours, sans qu'aucun stop individuel n'ait besoin d'être touché.
Le cœur momentum

Quatre poches, dix-huit lignes, 11 068 $

Le cœur cherche la performance. Il est découpé en quatre poches qui n'attaquent pas le marché de la même façon, et dont les tailles au soir de la première séance sont très inégales. Le panier est rappelé en première ligne du tableau, pour l'échelle.

PocheLignesMontantPart de l'investiPart de l'encoursTitres
Panier défensif329 730 $72,9 %29,7 %GLD · PDBC · SCHD
Explosion de momentum86 215 $15,2 %6,2 %ACHR · BTG · DV · FSK · GSBD · GTM · OWL · STGW
Momentum haute volatilité22 602 $6,4 %2,6 %CRWV · DIOD
Rotation ETF US71 880 $4,6 %1,9 %GDMN · GDX · GOEX · JEDI · KDEF · PLTY · SKYY
Pivots post-résultats1370 $0,9 %0,4 %AVAH

La rotation sur fonds indiciels a sorti sept lignes très petites, de 173 à 317 $ chacune : trois fonds aurifères, deux thématiques de défense (JEDI sur les drones et l'armement moderne, KDEF sur la défense coréenne), un fonds de rendement optionnel adossé à un titre unique (PLTY) et un fonds cloud (SKYY). L'ensemble pèse 1 880 $. À ce niveau de granularité, chaque ligne pèse moins de 0,5 % de l'encours et ne peut ni sauver ni couler quoi que ce soit.

La disproportion la plus intéressante est ailleurs. La poche qui affiche le meilleur historique simulé, le momentum haute volatilité (55,06 % annualisés), ne compte ce soir que deux lignes pour 2 602 $. La poche la plus faible du lot, les pivots post-résultats (11,75 % annualisés, Sharpe 0,83), en compte une seule pour 370 $. La taille des poches un soir donné reflète ce que le filtre a trouvé ce jour-là, pas une hiérarchie de convictions. Personne n'a arbitré.

Avant la première séance

Ce que valait la stratégie sur données passées

Voici la partie qu'il faut lire avec la plus grande méfiance, et c'est pour ça qu'elle arrive en sixième position et pas en premier. Les règles du mandat ont été appliquées aux prix des cinq dernières années et demie. Ce n'est pas un relevé de compte : c'est un rejeu, sur des prix qui existaient déjà quand les règles ont été écrites.

34,26 %
Rendement annualisé
−18,05 %
Pire perte subie
1,77
Sharpe
46,7 %
Opérations gagnantes
4 581
Opérations
0,85
Régularité (R²)

De 221 430 $ le 31 décembre 2020 à 1 157 948 $ le 13 août 2026. Frais et imperfections d'exécution ne sont pas modélisés au tick près.

Regardez la fin de la courbe plutôt que sa pente générale. Le sommet est atteint le 2 juin 2026 à 1 359 104 $. Le dernier point publié, le 13 août, est à 1 157 948 $, soit 14,8 % sous ce sommet sur les points de la courbe publiée. Le suivi réel démarre donc pendant que la version simulée de la stratégie est en repli depuis dix semaines. C'est un mauvais moment pour lancer un journal public. C'est aussi le seul moment honnête pour le faire, parce qu'on ne choisit pas sa date de départ.

Le taux de réussite mérite le même traitement : 46,7 %. Moins d'une opération sur deux est gagnante. Sur un système de suivi de tendance, ce n'est pas un défaut, c'est la signature du genre — on encaisse beaucoup de petites pertes pour capturer quelques grandes hausses. Mais un lecteur qui espère lire chaque semaine une majorité de trades gagnants va être déçu chaque semaine.

PocheCapital initialValeur finaleAnnualiséPire perteSharpeRéussiteOpérations
Momentum haute volatilité70 000 $821 788 $55,06 %−27,33 %1,6252,5 %651
Explosion de momentum15 000 $58 950 $27,60 %−20,51 %1,1039,9 %1 121
Panier défensif66 430 $140 554 $14,28 %−17,01 %1,15—0
Rotation ETF US25 000 $52 677 $14,19 %−26,47 %1,0248,7 %2 435
Pivots post-résultats45 000 $83 979 $11,75 %−28,59 %0,8343,9 %374

Deux observations sur ce tableau. La première : la poche rotation ETF a produit 2 435 opérations pour 14,19 % annualisés, contre 651 opérations et 55,06 % pour le momentum haute volatilité. Le rapport activité/rendement est sans commune mesure, et le coût réel de ces 2 435 allers-retours n'est pas modélisé au tick près. La seconde : les pivots post-résultats affichent une pire perte de 28,59 % pour 11,75 % annualisés. C'est le rapport risque/rendement simulé le plus faible des cinq poches, et il est logé dans le portefeuille.

Le risque assumé

8 705 $ si tout casse le même jour

Chaque ordre part avec un stop. En additionnant, pour les 21 lignes, la distance entre la limite d'entrée et le stop multipliée par la quantité, on obtient 8 705 $, soit 8,71 % de l'encours de référence. C'est la perte théorique si toutes les lignes touchaient leur stop dans la même séance.

8 705 $
Risque cumulé
−29,8 %
Stop le plus large (CRWV)
−18,8 %
Stop le plus serré (GSBD)
0
Ordre sans stop

Ces stops paraissent énormes. Ils le sont. Ils ne sont pas pour autant de la négligence : sur des titres dont l'amplitude quotidienne moyenne atteint 8,5 % (CRWV) ou 7,5 % (DIOD), un stop à 8 % est un ticket de sortie garanti au premier soubresaut de séance. Placer le niveau de sortie loin du bruit est la seule façon de laisser une position respirer. La contrepartie se lit dans la même phrase : quand une de ces lignes se fait sortir, elle se fait sortir de près de 30 %.

C'est pour ça que les tailles sont petites. Les lignes du cœur pèsent entre 173 et 1 307 $ sur 100 000 $ d'encours. Un stop à −30 % sur une ligne de 1 300 $ coûte 390 $, soit 0,39 % de l'encours. Le montant risqué se pilote par la taille, pas par la proximité du stop. Les lignes du panier et de la rotation portent, elles, un stop de sécurité uniforme à −20 % de la limite, qui n'a pas vocation à être touché.

Les limites

Ce qui peut faire mentir tout ce qui précède

Un premier épisode doit établir ce qu'il ne sait pas. Voici la liste, elle est courte et elle est réelle.

Quatre réserves à garder en tête

  • Zéro semaine de réel. Le suivi commence le 14 août 2026. Toute performance citée dans cet épisode est une simulation. Le premier chiffre réel apparaîtra dans l'épisode 2.
  • Des ordres à cours limité peuvent ne pas être exécutés. Les 21 lignes de cet épisode sont des ordres transmis, pas des positions constatées. Une limite non atteinte, et la ligne n'existe pas.
  • Une séance d'ouverture n'est pas représentative. 40,8 % d'exposition, une poche à une seule ligne, un panier qui pèse 72,9 % de l'investi : cette photo se déformera dès que le cœur se remplira.
  • La simulation n'inclut ni frais complets ni glissement d'exécution. Sur une stratégie qui a produit 4 581 opérations en cinq ans et demi, cet écart n'est pas une note de bas de page.

Il y a une cinquième réserve, moins mesurable. Une stratégie de règles publiée en direct crée sa propre tentation : celle d'intervenir quand une semaine se passe mal. Le seul garde-fou est la publication elle-même. Une dérogation prise en cours de route devra apparaître dans l'épisode de la semaine, avec sa raison. Si vous n'en lisez jamais, c'est soit qu'il n'y en a pas eu, soit que cette chronique ne vaut rien.

La semaine prochaine

Trois questions à trancher dans l'épisode 2

Le rendez-vous est hebdomadaire, et les rubriques ne bougeront pas : les décisions, la bande, le panier, le cœur, le risque. Trois points précis seront à vérifier :

Ce qu'on regarde dans sept jours

  • Combien des 21 limites ont été touchées ? C'est l'écart entre ce qui a été décidé et ce qui existe vraiment.
  • Le curseur remonte-t-il vers 60 % ? Ou l'exposition reste-t-elle scotchée sous le plancher, comme la moyenne simulée de 51,6 % le laisse craindre.
  • La concentration or de 9 666 $ a-t-elle bougé ? Soit la rotation en sort d'elle-même, soit elle s'aggrave et il faudra le dire.

La page du portefeuille, elle, est mise à jour à chaque séance, sans attendre l'épisode du week-end.

La page du portefeuille
Le mandat, à découvert : exposition, composition, ordres et courbe de capital, actualisés à chaque séance

Cette chronique est strictement éducative

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