Lundi 3 août 2026 • Édition du matin, 07h55 Paris

Le baril perd 6% et aucune actualité ne l'explique

Le brut américain a ouvert la semaine à 79,69 $, en baisse de 5,88% sur la clôture de vendredi (84,67 $), avec un plus bas à 78,78 $. Nous avons cherché le titre qui explique ce décrochage dans le flux d'actualité énergie, dans les publications réglementaires et dans la presse : nous ne l'avons pas trouvé. Pendant ce temps le cuivre monte de 1,20% à 6,543 $ la livre, soit 1,7% sous son plus haut de douze mois. Un pétrole qui s'effondre pendant qu'un métal industriel monte, ce n'est pas un marché qui craint la récession. La séance se joue à 16h sur l'ISM manufacturier, puis ce soir sur Palantir.

WTI 79,69 $ (-5,9%) Cuivre +1,2% RISK_ON 0,76 Fed +25pb sept. 56,5% Palantir ce soir
La thèse du jour : deux prix qui ne peuvent pas avoir raison en même temps.

Le pétrole vient de perdre 6%. Si ça tient, c'est un choc désinflationniste, exactement l'argument qui manquait aux trois membres de la Fed qui ont voté pour monter les taux le 29 juillet. Or à 07h55 ce matin, les marchés de prédiction affichent toujours 56,5% de probabilité d'une hausse de 25 points de base en septembre, contre 41,5% pour un statu quo. Soit le baril se retourne, soit ces 56,5% sont trop hauts. L'ISM manufacturier de 16h est le premier arbitre, l'emploi de vendredi le second.

Polymarket — probabilité Fed septembre, relevé du 3 août 05h55 UTCFed, 29 juillet — trois dissidences en faveur d'une hausse

1. Tableau de bord — lundi 3 août, 07h55 Paris

WTI (temps réel)
79,69 $
-5,88% · plus bas 78,78
Cuivre (temps réel)
6,543 $
+1,20% · 1,7% du plus haut 12 mois
Or (temps réel)
4 117 $
+0,25%
Nikkei 225 (clôture)
63 639
-1,12% après +4,03% vendredi
S&P 500 (vendredi)
7 489,72
+1,1% sur la semaine
Bitcoin (temps réel)
62 745 $
-1,03% · sous sa MM50
Dollar (DXY)
99,68
-0,23% · sous 100
VIX (vendredi)
15,99
9 jours à 13,05

Cotations matières premières, FX et crypto — relevé du 3 août 05h45-05h55 UTC

2. Le décrochage du pétrole, sans le raconter à l'envers

Le contrat de brut américain a clôturé vendredi à 84,67 $. À la réouverture des contrats à terme dimanche soir, il a ouvert à 80,10 $, un trou de 5,4% sans transaction entre les deux. Depuis, il a évolué entre 78,78 $ et 81,30 $, et cotait 79,69 $ à 07h45 heure de Paris. Sur la séance, cela fait -5,88%.

La cause, en revanche, nous ne l'avons pas trouvée. Nous avons interrogé le flux d'actualité sur les quatre véhicules énergie que nous suivons, passé en revue les publications réglementaires récentes, et cherché dans la presse une annonce datée du week-end. Le titre le plus récent que nous ayons trouvé sur le sujet date du 2 août à 20h14 heure de Paris et concerne un projet d'oléoduc irakien pour contourner Ormuz. Pas de quoi effacer 5 dollars.

Il faut en revanche signaler le titre qui va dans l'autre sens. Le 1er août, un méthanier chargé de gaz qatari a été touché par un missile de croisière en traversant le détroit, plusieurs membres d'équipage blessés et évacués. Le trafic reste très en dessous de la normale : une dizaine de transits par jour fin juillet, contre environ 88 avant la crise. Un tir sur un navire marchand est un événement haussier pour le pétrole. Le baril a quand même ouvert 5 dollars plus bas. Notre « on ne sait pas » ne décrit donc pas un week-end sans actualité : il y a eu de l'actualité, elle pointait vers le haut, et le prix est parti vers le bas. C'est l'écart qui est l'information, et c'est aussi ce qui rend le mouvement fragile.

Pourquoi on écrit « on ne sait pas » plutôt qu'une hypothèse.

Une réunion de l'OPEP+ est programmée aujourd'hui, lundi 3 août. Il serait commode d'écrire que le marché anticipe une hausse de production. C'est peut-être vrai. Mais une réunion qui n'a pas encore eu lieu ne peut pas être présentée comme la cause d'un mouvement déjà réalisé, et une anticipation que nous n'avons pas mesurée n'est pas une donnée. Nous laissons donc la case vide. Attendre le communiqué de ce soir coûte quelques heures ; publier l'hypothèse maintenant coûterait la ligne de conduite qui nous sert le reste de l'année.

Ce que l'on peut dire sans extrapoler, en revanche : la hausse de production d'août avait déjà été décidée début juillet, à 188 000 barils par jour, cinquième augmentation mensuelle consécutive du cartel. La tendance de l'offre est donc connue et publique depuis un mois. Elle ne s'est pas révélée ce week-end. Une information vieille de quatre semaines n'explique pas un trou de cotation d'un soir, mais elle explique pourquoi le marché est vulnérable à la baisse : le fond du sujet a basculé de la pénurie vers le risque de surabondance.

Ce que les marchés de prédiction disent, eux, et qui contredit la lecture « détente ». Si le baril baissait parce que la crise du détroit d'Ormuz se dénouait, la probabilité d'un retour à la normale du trafic devrait bondir. Elle ressort ce matin à 12,5% pour une normalisation d'ici au 31 août, et à quinze jours l'échéance reste à 2,45%. Autrement dit, là où des gens engagent de l'argent réel sur l'issue géopolitique, la détente reste hors scénario. Le décrochage du baril doit donc s'expliquer ailleurs.

Polymarket — probabilités implicites relevées le 3 août 05h55 UTCFil énergie — méthanier touché le 1er août et trafic du détroit d'OrmuzOPEP+ — hausse de production d'août décidée début juillet (188 000 b/j)

3. Bilan de la séance précédente (vendredi 31 juillet)

IndiceClôtureSemaineLecture
S&P 5007 489,72+1,1%Au-dessus de ses moyennes 50 (7 471), 100 et 200 jours
Nasdaq25 373,85+1,6%L'indice monte alors que le secteur technologique recule sur la semaine (-0,3%)
Dow Jones52 485,03+1,0%À 1,5% sous son plus haut annuel
Russell 20002 931,34+0,0%Les petites capitalisations n'ont pas participé

Le point à ne pas oublier de la semaine écoulée : l'indice a pris 1,1% pendant que seules 44,2% des actions américaines montaient, pour un rendement moyen de -0,42%. Amazon a fait l'essentiel du travail. On entre donc dans cette semaine avec un indice en bonne santé apparente et une majorité de titres qui recule. Une configuration où la sélection compte davantage que l'exposition.

Notre revue hebdomadaire du 3 au 7 août — détail de l'étroitesse

4. Agenda du jour et de la semaine

JourMacroRésultatsPoids
Lun 3Chômage zone euro 11h
ISM manufacturier 16h
Palantir, ON Semiconductor, Vertex, Diamondback, ONEOK, Williams (après clôture)
Marriott, MUFG, Tyson (avant ouverture)
Critique
Mar 4Caterpillar avant ouverture, AMD après clôture, Merck, Pfizer, Amgen, HSBC, BP, Arista, Booking, SpotifyCritique
Mer 5ISM services 16hEli Lilly, Disney, Shopify, Uber calendrier de placeImportant
Jeu 6Inscriptions au chômage 14h30ConocoPhillips calendrier de placeImportant
Ven 7Emploi américain 14h30 — consensus +85 000, chômage 4,2%Critique

Note d'honnêteté sur les mouvements implicites. Nous publions d'habitude, pour chaque publication de résultats, l'amplitude que le marché des options price. Ce matin, le calendrier renvoie la mention « indisponible » pour les 19 publications : les options américaines ne cotent pas encore à 08h heure de Paris. Nous donnons donc les consensus de bénéfice, pas les mouvements implicites, plutôt qu'un chiffre d'hier présenté comme celui d'aujourd'hui.

Calendrier des résultats et des publications macro — semaine du 3 au 7 août

5. États-Unis — ce qui attend l'ouverture

Wall Street ouvre à 15h30 heure de Paris sur trois inconnues empilées. L'ISM manufacturier de 16h arrive une demi-heure après la cloche : c'est la première mesure d'activité du mois, et sa composante « prix payés » est le premier endroit où un choc pétrolier se voit. Avec un baril à -6%, cette sous-composante devient plus intéressante que l'indice principal.

Palantir publie après la clôture (consensus 0,3149 $ par action, capitalisation 295 milliards). C'est le test du récit « intelligence artificielle appliquée » après une saison où les grands acteurs du cloud ont livré et où les semi-conducteurs ont été erratiques. À 295 milliards de capitalisation, le bénéfice du trimestre ne fixe plus grand-chose ; ce qui bouge le titre, c'est la pente des revenus commerciaux américains et le rythme des nouveaux contrats.

Le contexte obligataire n'a pas changé depuis vendredi : le 10 ans à 4,745%, le 30 ans à 5,275%, au plus haut depuis juillet 2007. Un pétrole en baisse devrait, toutes choses égales, détendre la partie longue. Si elle ne se détend pas aujourd'hui, cela dira que ce qui tient les taux longs n'est pas l'inflation importée.

Courbe des taux américains — clôtures du 31 juillet

Palantir — consensus de bénéfice avant la publication du 3 août

6. Europe — ouverture à 9h sur un pétrole à -6%

IndiceClôture vendrediSemaine passéePosition
DAX (Allemagne)25 629,24+2,1%À 1,0% sous son plus haut annuel (25 900)
CAC 40 (France)8 509,64+1,6%Plus haut annuel 8 642
FTSE 100 (Royaume-Uni)10 868,05+1,2%Plus haut annuel 10 989 — très lourd en pétrolières

L'Europe rouvre avec deux forces contraires. À la baisse, le poids des pétrolières : le FTSE britannique et le CAC comptent parmi les indices développés les plus exposés au secteur, et un baril à -6% se répercute directement. À la hausse, un dollar sous 100 (99,68) et un euro à 1,1539 restent un contexte porteur pour les exportateurs. L'ETF actions internationales développées a terminé la semaine passée à 0,7% seulement de son plus haut annuel, la meilleure position technique de notre univers de suivi.

Le chiffre du chômage en zone euro tombe à 11h, avant l'ouverture américaine. Sur la semaine écoulée, l'Allemagne a été le meilleur grand indice occidental.

Indices européens — clôtures du vendredi 31 juillet

7. Asie-Pacifique — le Japon rend une partie de son bond

IndiceClôture ce matinSéanceContexte
Nikkei 22563 639,01-1,12%Après +4,03% vendredi. Plus bas du jour 62 703
Hang Seng25 857,62-0,10%Stable après une semaine à +3,7%
ASX 200 (Australie)8 992,20+0,17%Le seul en hausse — marché très exposé aux mines

Le Japon avait bondi de 4,03% vendredi après le maintien de son taux directeur par la Banque du Japon et un rebond des valeurs de semi-conducteurs. Il en rend un quart ce matin. Le yen continue de se renforcer : le dollar-yen cote 156,41, en baisse de 0,63% sur la séance, contre 157,40 vendredi. Le mouvement se poursuit depuis que le responsable des changes japonais n'a pas exclu une intervention coordonnée.

Le fait à noter est la cohérence australienne : l'ASX, seul indice de la zone en hausse ce matin, est aussi le plus chargé en valeurs minières. Cela colle au cuivre à +1,20% et non au pétrole à -5,88%.

Indices Asie-Pacifique — clôtures du matin du 3 août

Banque du Japon — décisions de politique monétaire

8. Crypto — toujours déconnecté de la macro

ActifPrix (07h55)24hRepère
Bitcoin62 745,22 $-1,03%Sous sa moyenne 50 jours (63 370). À 49,7% de son plus haut de douze mois (126 198)
Ethereum1 857,36 $-0,92%Au-dessus de sa moyenne 50 jours (1 777)
Solana72,81 $-0,98%-71% depuis son plus haut annuel

La semaine dernière, la volatilité implicite des indices a chuté de 13,9% et le dollar a perdu 1,65%. Deux moteurs historiques du bitcoin se sont allumés en même temps, et il n'a pas bougé. Ce matin, il perd encore 1% dans une séance où le pétrole s'effondre. Cela fait maintenant plusieurs semaines que le compartiment ne répond plus aux impulsions macro, ce qui rend la lecture purement technique : le premier signal à surveiller reste une clôture hebdomadaire au-dessus de 66 000 $.

Cotations crypto — relevé du 3 août 05h55 UTC

9. Métaux — la divergence qui compte

MétalPrix (07h45)SéancePosition
Cuivre6,543 $/livre+1,20%1,7% sous son plus haut de 12 mois (6,6525)
Or4 117,30 $/once+0,25%Sous sa moyenne 50 jours (4 187) et 200 jours (4 482)
Argent58,14 $/once+0,61%Sous ses moyennes 50 (64,03) et 200 jours (70,31)

Le cuivre est le signal le plus propre de la matinée. Il cote à 1,7% de son plus haut annuel pendant que le pétrole efface 6%. Ces deux matières premières sont censées partager un moteur : la demande industrielle mondiale. Quand elles divergent à ce point, ce n'est pas la demande qui bouge, c'est l'offre de l'une des deux, ou une prime de risque qui se dégonfle sur l'une sans toucher l'autre.

Les métaux précieux, eux, restent dans un marché baissier caractérisé : or et argent sont sous toutes leurs moyennes mobiles, et l'argent se traite à moins de la moitié de son plus haut de douze mois. Un rebond de 0,6% ne change rien à cette structure.

Cuivre, or et argent — relevé du 3 août 05h45 UTC

10. Régime de marché — trois moteurs, trois étiquettes

MoteurÉtiquetteScoreDétail
Moteur systématiqueRISK_ON0,76Bascule depuis RECOVERY 0,72. Indice au-dessus de ses trois moyennes, volatilité non montante
Classificateur probabilisterisk_on57,9%Neutre à 42,1%. Transition à 5 jours : 24,2% de dégradation cumulée
Scanner du jourRECOVERY0,58Calculé hier à 11h52, avant le décrochage du pétrole

L'écart entre les trois est instructif plutôt que gênant. Le moteur systématique est passé de reprise à risque assumé en trois jours sans que le prix de l'indice ne bouge : la clôture de référence reste celle du 31 juillet à 7 489,72. Ce qui a changé, c'est la persistance. Trois séances de plus sans reprise de la volatilité font monter mécaniquement le sous-score correspondant, de 0,80 à 0,95. C'est une mécanique d'usure, pas un jugement sur la hausse. Elle se détricote aussi vite qu'elle s'est construite si le VIX repasse au-dessus de 20.

Le classificateur probabiliste, lui, garde 24,2% de probabilité de bascule vers un régime dégradé d'ici vendredi. Ce n'est pas une alerte, mais c'est presque un quart, dans une semaine qui se termine par le chiffre le plus surveillé du calendrier.

Scan du 3 août — régime RECOVERY 0,58 calculé le 2 août à 11h52

11. Géopolitique — ce que le marché price vraiment

QuestionProbabilitéÉvolution
Cessez-le-feu Israël-Iran tenu jusqu'au 3 août99,75%Quasi certain sur l'échéance du jour
Cessez-le-feu tenu jusqu'au 9 août91,0%Une semaine de plus : le doute apparaît
Trafic d'Ormuz normalisé au 15 août2,45%Quasiment exclu
Trafic d'Ormuz normalisé au 31 août12,5%Un huitième de chances à un mois
Trafic d'Ormuz normalisé au 30 septembre23,5%Toujours minoritaire à deux mois
Invasion américaine de l'Iran avant 202720,5%Un cinquième de chances d'ici fin 2026

La lecture est nette et elle contredit l'explication facile du pétrole. Le cessez-le-feu tient à très court terme, mais la normalisation d'Ormuz reste très peu probable : un huitième de chances d'ici fin août, moins d'un quart d'ici fin septembre. Le trafic reste donc bloqué dans le scénario central jusqu'à l'automne, et le marché price encore une invasion américaine à un cinquième d'ici fin 2026. Un marché qui croirait à une détente durable ne pricerait pas ces chiffres-là.

Conséquence pratique : si l'on ne peut pas attribuer les -6% du baril à une détente géopolitique, alors soit l'offre bouge (réunion OPEP+ aujourd'hui), soit c'est du positionnement. Dans les deux cas, c'est plus fragile qu'un vrai changement de fondamentaux, et donc plus susceptible de se retourner.

Polymarket — Ormuz, cessez-le-feu et Iran, relevé du 3 août 05h55 UTC

12. Formation du jour — lire un trou de cotation

Ce qui vient de se passer sur le pétrole a un nom : un trou de cotation, ou « gap ». Le contrat a clôturé vendredi à 84,67 $ et a rouvert dimanche soir à 80,10 $. Entre ces deux prix, aucune transaction n'a eu lieu. Ce n'est pas une baisse progressive que l'on aurait pu accompagner : c'est un saut.

Pourquoi ça compte pour vous. Un ordre stop placé à 83 $ n'aurait pas été exécuté à 83 $. Il se serait déclenché à la réouverture, autour de 80 $, soit 3,6% plus bas que prévu. C'est la limite que tout détenteur de stop doit connaître : un stop protège d'une baisse ordonnée, pas d'un trou. Sur un actif qui cesse de coter la nuit et le week-end (matières premières, actions), le risque réel d'une position est toujours un peu plus grand que la distance à votre stop.

Comment on s'en protège concrètement : en réduisant la taille plutôt qu'en resserrant le stop. Diviser une position par deux divise la perte en cas de trou ; rapprocher le stop ne fait que garantir d'être sorti plus souvent, sans protéger du saut. C'est exactement la raison pour laquelle nos idées de la semaine plafonnent la taille au lieu de comprimer les stops.

Brut américain — clôture du 31 juillet et réouverture du 2 août

13. Idées du jour — et les deux qui ne partiront pas

Les niveaux ci-dessous proviennent du scan publié pour la séance du 3 août, calculé hier à 11h52. Nous ne les recalculons jamais à la main. Mais deux d'entre eux ont été construits sur un pétrole à 84,67 $, et le baril cote 79,69 $ ce matin. Nous le signalons plutôt que de les présenter comme intacts.

Lecture de la colonne R/R. Le rapport est calculé au haut de la zone d'entrée, pas au bas. C'est la version la moins flatteuse : payé le bas de zone, il est mécaniquement meilleur (1:2,3 à 1:2,9 selon les lignes). Un R/R affiché à partir du bas de zone alors qu'on peut être servi en haut donnerait un chiffre que personne n'obtient. La zone complète est donnée pour que le calcul soit refaisable.

Ce que ces dix lignes sont vraiment, une fois empilées. Commençons par ce que la mesure dit, parce qu'elle nous donne partiellement tort. Sur les soixante dernières séances, la corrélation moyenne deux à deux du panier ressort à 0,02 — autrement dit, à peu près rien. La seule paire réellement liée est SHEL.L / PDBC, à 0,62, précisément les deux lignes que nous mettons hors jeu ce matin ; et la paire la plus opposée est MHK / PDBC à -0,53, ce qui confirme au passage qu'un baril bas travaille pour MHK. Sur l'historique récent, ce panier est donc réellement diversifié, et nous n'allons pas prétendre le contraire pour faire peur. Le risque est ailleurs, dans la corrélation conditionnelle : une corrélation mesurée sur soixante séances calmes ne dit rien de ce que fait un panier le jour où un seul chiffre frappe tout le monde en même temps. Et là, en regardant les moteurs plutôt que l'historique, sept des dix sont des cycliques longs de bêta : MHK (sol, donc immobilier), BURL (consommation discrétionnaire), ITRK, SCHW, MCHI, plus les deux lignes pétrole. Et deux d'entre elles sont des paris de duration déguisés : ELE.MC est un service aux collectivités, donc un substitut d'obligation, et MHK vit du crédit immobilier. Or c'est exactement le facteur que notre propre thèse désigne comme menacé : si l'emploi de vendredi valide les 56,5% de hausse Fed, le 30 ans ne reste pas à 5,275% et ces deux-là paient l'addition. Et dans le scénario inverse, ISM sous 48 et retour du débat récession, ce sont les cinq cycliques qui prennent. Le panier perd dans les deux issues que nous nommons nous-mêmes. Seul CBOE, opérateur de marchés, gagne à ce que la volatilité revienne.

TitreScoreZone d'entréeStopCible 1R/RÉtat ce matin
CBOE94310,54 – 313,95 $293,74 $352,35 $1:1,9Extension — 9,1% au-dessus de sa MM20 (284,51) après +4,62% sur résultats, clôture à 0,65 $ du plus haut. On achète un titre déjà payé
NTAP93178,60 – 180,80 $169,10 $200,69 $1:1,7Intact
MHK92123,22 – 124,58 $117,00 $138,98 $1:1,9Intact — un pétrole bas allège ses coûts
SHEL.L923 385 – 3 420 p3 255 p3 717 p1:1,8Hors jeu ce matin — l'entrée est un ordre déclenché au-dessus du marché : sur un gap baissier, il ne part pas
SCHW91105,35 – 106,50 $102,44 $113,81 $1:1,8Intact
BURL91368,60 – 372,20 $353,00 $404,84 $1:1,7Intact
ITRK.L905 846 – 5 910 p5 732 p6 230 p1:1,8Vigilance — inspection de cargaisons : payée au volume, pas au baril. Le coup est indirect, mais le stop ne tient que 2,0%
ELE.MC9042,40 – 42,87 €41,45 €45,57 €1:1,9Intact
MCHI9055,86 – 56,47 $54,76 $59,55 $1:1,8Intact — mais la cible 1 (59,55) suppose de franchir la MM200 à 58,74, encore orientée à la baisse
PDBC9017,57 – 17,75 $17,21 $18,67 $1:1,7Hors jeu ce matin — panier matières premières lourd en énergie : ouvre sous sa zone, l'ordre ne part pas
Règle d'exécution du jour. Sur SHEL.L et PDBC, le raisonnement s'arrête avant le R/R. Ces deux entrées sont des ordres déclenchés placés au-dessus du marché de vendredi ; avec un baril à -6%, les deux ouvrent sous leur zone et l'ordre ne part tout simplement pas. Il n'y a rien à recalculer et rien à forcer : on les laisse expirer et on les redemande au scan quand le baril aura tenu une séance pleine. Le seul cas où elles se déclencheraient aujourd'hui, c'est un rebond violent du brut dans la journée, et ce n'est plus le même setup que celui noté 92. ITRK.L reste sous surveillance, mais pour une autre raison : son stop ne laisse que 3,0% de marge, la plus courte du panier, sur une place qui ouvre en trou.

Le cas CBOE, qu'il faut nommer. C'est le meilleur score du panier et la seule ligne qui gagne à un retour de volatilité. C'est aussi un titre qui vient de prendre 4,62% sur ses résultats, de clôturer à 0,65 $ de son plus haut du jour, et qui se traite 9,1% au-dessus de sa moyenne 20 jours. Acheter à 310-314, c'est acheter l'extension. Ça se joue, mais à taille réduite, et avec l'invalidation du scan écrite noir sur blanc : une ouverture sous 300 annule le gain de la séance de résultats, bien avant que le stop à 293,74 ne soit touché. Qui n'accepte pas de payer 9% au-dessus de la moyenne attend un retour vers 300 et renonce à l'entrée si elle ne vient pas.

Et une règle de taille, pas seulement de niveau. Sept lignes sur dix partagent le même moteur en cas de choc de taux — pas dans l'historique récent, on vient de le dire, mais dans le scénario qui nous inquiète. On ne prend donc pas dix positions pleines : sur le bloc sensible aux taux — MHK, ELE.MC, NTAP, MCHI — demi-taille jusqu'au chiffre de l'emploi de vendredi, quitte à compléter après. C'est le prix à payer pour une semaine dont nous disons nous-mêmes qu'elle se joue sur un seul chiffre. CBOE et SCHW sont les deux seules lignes qui ne perdent pas si les taux montent. SCHW garde donc sa taille pleine ; CBOE non, pour la raison d'extension ci-dessus : bon facteur, mauvais prix d'entrée. La volatilité le confirme sans qu'on ait à en débattre — sur soixante séances, CBOE tourne à 50,8% de volatilité annualisée contre 26,6% pour SCHW. À grille de risque identique, ça plafonne CBOE autour de 11% du portefeuille et SCHW autour de 14% : « pleine taille » n'a jamais voulu dire « tout ce qu'on peut ». Sur toutes, entrée sur ordre déclenché uniquement, jamais au marché, et annulation si le titre ouvre à plus de 1,5% au-dessus de la zone.

Trois de ces lignes ne cotent pas en dollar. SHEL.L et ITRK.L se traitent en pence, ELE.MC en euro. Pour un compte en euro, le résultat des deux britanniques dépend aussi de la livre ; pour un compte en dollar, ELE.MC dépend de l'euro. Le stop protège du prix, pas du change : la perte peut dépasser la distance au stop sans que le titre ait bougé davantage. Qui ne veut pas de ce risque-là s'en tient aux lignes cotées dans sa devise.

Scan de la séance du 3 août — niveaux détaillés, confirmations et invalidations

14. Suivi de la liste de surveillance

TitreScore d'opportunitéSignal dominantProchains résultats
PLD49,3Ratio options favorable14 octobre
PDBC40,8Ratio options favorable
VTV29,7Ratio options favorable
FRO25,2Ratio options favorable31 août
ED22,1Ratio options favorable6 août — fenêtre d'exclusion cette semaine
CFG0,0Aucun signal actif16 octobre
DE0,0Aucun signal actif20 août

Deux remarques. ED publie jeudi 6 août : la ligne entre en fenêtre d'exclusion, on ne prend pas de position avant. Et FRO, transporteur pétrolier, est mécaniquement concerné par la séance : le fret pétrolier ne suit pas le prix du baril mais le volume transporté. Un pétrole moins cher n'est donc pas nécessairement une mauvaise nouvelle pour un armateur. Mais il faut nommer l'autre bout du dossier : FRO fait naviguer des navires dans une zone où un méthanier a été touché par un missile le 1er août. Prime d'assurance de guerre, déroutements, équipages — c'est un risque d'événement que ni le score d'opportunité ni un stop ne capturent. Aucun signal de risque automatique n'est déclenché sur les sept lignes, ce qui n'est pas la même chose que « pas de risque » : nos filtres lisent des bilans et des cours, pas des tirs de missiles.

Liste de surveillance — cotations et dates de publication

15. Ce qu'il faut surveiller aujourd'hui

Heure (Paris)QuoiLe seuil qui compte
9h00Ouverture européenneRéaction des pétrolières : le FTSE et le CAC sont les plus exposés
11h00Chômage zone euroContexte pour la BCE, impact limité sur la séance
15h30Ouverture de Wall StreetLe secteur énergie ouvre avec 6% de baril en moins
16h00ISM manufacturierRegarder la composante « prix payés » avant l'indice principal. Sous 48 sur l'indice global, le débat récession revient avant l'emploi de vendredi
Toute la séanceTaux 30 ans américain5,275% vendredi. S'il ne baisse pas avec un pétrole à -6%, ce ne sont pas les prix de l'énergie qui le tiennent
Toute la séanceRéunion OPEP+Programmée aujourd'hui. Toute annonce d'offre est le premier candidat pour expliquer, ou prolonger, le mouvement
22h00+PalantirLa pente des revenus commerciaux américains, pas le bénéfice du trimestre
22h00+ON SemiconductorDeuxième lecture sur les semi-conducteurs avant AMD demain soir

ISM — calendrier de publication du rapport manufacturierOPEP — communiqués de la réunion du 3 août

16. La thèse, et ce qui la casserait

Reprenons les deux prix du début. Le pétrole vient de perdre 6%, ce qui est désinflationniste si ça dure. Et le marché price toujours 56,5% de probabilité d'une hausse de taux de la Fed en septembre, contre 41,5% pour un statu quo, héritage direct des trois dissidences du 29 juillet, où Hammack, Kashkari et Logan ont voté pour monter.

Notre lecture, et elle est minoritaire : ces 56,5% ne parlent pas d'inflation énergétique. Si les faucons du comité étaient mus par le prix du baril, un choc de -6% aurait dû faire reculer cette probabilité pendant le week-end. Elle n'a pas bougé. Ce qui tient ces trois voix, ce n'est donc pas l'énergie, c'est le marché du travail. Et cela déplace tout le poids de la semaine sur vendredi 14h30, pas sur l'ISM d'aujourd'hui.

Ce qui nous donnerait tort, et quand. Si la probabilité d'une hausse en septembre recule sous 45% d'ici vendredi alors que le pétrole reste bas, alors le canal énergétique fonctionnait et nous avions tort de l'écarter. Si au contraire elle se maintient au-dessus de 55% avec un baril à 80 $, la thèse tient et le rapport sur l'emploi devient le seul chiffre qui compte cette semaine. Nous referons les comptes ici vendredi soir.

Ce qui casse le portefeuille, et ce n'est pas la même question. Avoir raison sur la Fed et perdre de l'argent quand même, c'est possible, et c'est le vrai risque ici. Si l'emploi de vendredi sort chaud, nous avons raison, les 56,5% tiennent parce que c'est le travail qui les tient, et nos lignes sensibles aux taux prennent la baisse : MHK, ELE.MC, NTAP, MCHI. Le scénario où la thèse est validée est aussi celui où le panier souffre. D'où la demi-taille sur ce bloc jusqu'à vendredi 14h30. À l'inverse, un ISM sous 48 cet après-midi ne valide ni n'invalide la thèse, mais il touche les cycliques. Tant que le chiffre n'est pas tombé, la seule variable que nous contrôlons vraiment sur ce bloc, c'est la taille.

Ce que nous avons écarté ce matin : l'explication « le pétrole baisse parce que la crise se dénoue », que les probabilités de normalisation d'Ormuz (12,5% à fin août) contredisent frontalement ; l'attribution du mouvement à la réunion OPEP+, qui n'a pas encore eu lieu ; et la citation du Brent à 90,12 $ comme prix courant, alors que cette cotation date de vendredi 18h28 et a 59 heures. Seul le brut américain cote en continu ce matin.

Décision de la Fed du 29 juillet — vote 9-3, trois dissidences en faveur d'une haussePolymarket — probabilité d'une hausse de 25 pb en septembre, relevé du 3 août

17. Sources et avertissement

Cotations matières premières et devises — relevés du 3 août 05h45-05h55 UTC Polymarket — probabilités implicites du 3 août 05h55 UTC CNBC — décision de la Fed du 29 juillet et les trois dissidences ISM — calendrier et rapports d'activité OPEP — communiqués officiels Scan de la séance du 3 août — niveaux de trade Revue hebdomadaire du 3 au 7 août Analyse AMD avant la publication de mardi soir

Méthode. Les prix des matières premières, devises et cryptomonnaies ont été relevés entre 07h45 et 07h55 heure de Paris ce 3 août. Les indices asiatiques sont des clôtures du matin. Les indices européens et américains sont les clôtures du vendredi 31 juillet ; l'Europe ouvre à 9h, les États-Unis à 15h30. La structure de volatilité date de la clôture de vendredi, faute de cotation active. Les mouvements implicites des résultats du jour sont indisponibles hors séance d'options et signalés comme tels. Les niveaux de trade proviennent du scan de la séance et ne sont jamais recalculés à la main. Aucun chiffre de ce briefing n'a été estimé ou reconstitué de mémoire.

Avertissement. Ce document est une analyse d'information à caractère général. Il ne constitue ni un conseil en investissement, ni une recommandation personnalisée, ni une sollicitation d'achat ou de vente. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les niveaux d'entrée, de stop et d'objectif présentés sont des hypothèses de travail assorties d'un risque de perte en capital pouvant aller jusqu'à la totalité du montant investi. Chaque lecteur doit apprécier l'adéquation de ces informations à sa situation personnelle et, le cas échéant, consulter un conseiller agréé.

Thèse du jour Tableau de bord Pétrole Agenda Idées Sources