1. Calendrier de la semaine
| Jour | Macro | Résultats (les plus lourds) | Poids |
|---|---|---|---|
| Lun 3 | Chômage zone euro (11h) ISM manufacturier US (16h) | Palantir (après clôture, mouvement implicite 11,4%), Vertex, Marriott, ON Semiconductor (12,8%), Diamondback, ONEOK, Williams, MUFG | Important |
| Mar 4 | — | Caterpillar (avant ouverture, consensus 6,17 $), AMD (après clôture, consensus 1,55 $), Merck, Pfizer, Amgen, Arista, Gilead, Booking, Spotify, BP, HSBC, EOG, Devon, Cummins, Duke, Marathon Petroleum | Critique |
| Mer 5 | ISM services US (16h) — consensus ~54,5 après 54,0 en juin | Eli Lilly, Disney, Shopify, Uber calendrier de place | Critique |
| Jeu 6 | Inscriptions hebdomadaires au chômage (14h30) | ConocoPhillips calendrier de place | Important |
| Ven 7 | Emploi américain de juillet (14h30) — consensus +85 000, chômage 4,2% | — | Critique |
2. Synthèse exécutive
3. Bilan de la semaine précédente
Le weekly du 27 juillet ouvrait sur trois catalyseurs binaires en cinq séances. Voici ce qu'ils ont donné, mis face à ce qu'on avait écrit.
| Anticipation du weekly 27-31/07 | Résultat | Verdict |
|---|---|---|
| Scénario central (50%) : S&P en range 7 350-7 480, VIX 17-20, rotation value/défensif | Le S&P a clôturé à 7 489,72, soit 10 points au-dessus du haut de la fourchette, et le VIX est tombé à 15,99, sous le bas de la fourchette | Direction juste, amplitude sous-estimée |
| Scénario haussier (25%) : le S&P reprend sa moyenne 50 jours (7 472), la tech trouve un plancher | La MM50 a été reprise (7 471,51 franchie) et les semi-conducteurs ont pris +6,9% le jeudi 30 avant de rendre une partie : le plancher existe, il est bruyant | Réalisé |
| « La rotation value cyclique continue » — trois setups majoritairement value/défensifs | Faux sur les matériaux et l'industrie (-1,6% et -1,5% sur la semaine). Juste sur les défensifs de taux : l'assurance a tenu | Mi-juste |
| Risque identifié : « une Fed restrictive mercredi casserait les cycliques value » | C'est exactement ce qui s'est passé. Trois dissidences pour une hausse, et notre position matériaux a été stoppée le jour même | Risque bien nommé |
| Régime RECOVERY 0,67, « exposition sans levier » | RECOVERY 0,72 au 31 juillet, indice au-dessus de ses moyennes 50, 100 et 200 jours pour la première fois depuis des semaines | Amélioré |
4. Contexte macro et marchés
La Fed du 29 juillet : ce qui a changé
Le comité a laissé son taux directeur dans la fourchette 3,50-3,75%. Ce n'est pas la décision qui compte, c'est le vote : trois dissidences — Beth Hammack (Cleveland), Neel Kashkari (Minneapolis) et Lorie Logan (Dallas) — toutes en faveur d'une hausse d'un quart de point. Trois membres dissidant dans la même direction, cela ne s'était pas produit depuis septembre 2016. Kevin Warsh, qui préside depuis deux réunions, a supprimé la guidance prospective des communiqués et qualifié le désaccord de « bonne dispute de famille ». US News — trois membres pour une hausse
Pour un investisseur, la conséquence pratique est simple et rarement dite : la fonction de réaction de cette Fed n'est plus symétrique. Sur les quinze dernières années, un marché du travail qui ralentit produisait mécaniquement une anticipation de baisses, donc un rallye obligataire, donc un soutien aux actions. Avec trois faucons qui votent pour monter et zéro guidance publiée, ce canal est bouché. Un rapport d'emploi mou vendredi ne garantit plus rien du côté de la Fed : il garantit surtout de l'incertitude.
Le Core PCE de juin : en ligne, pas mou, pas chaud
La publication du 30 juillet portait sur le mois de juin, pas juillet — un détail que le marché confond souvent. Le Core PCE est ressorti à 3,3% sur un an contre 3,3% de consensus, en repli depuis 3,4%. Sur le mois : +0,1% contre +0,2% attendu. Autrement dit : en ligne sur l'annuel, légèrement plus doux sur le mensuel, et en désinflation lente. Ce n'est ni le chiffre chaud qui justifierait les trois faucons, ni le chiffre mou qui débloquerait des baisses. C'est un chiffre qui ne tranche rien, et c'est précisément pour ça que le comité s'est divisé.
Le vrai mouvement de la semaine était sur la partie longue
Pendant que l'attention allait aux résultats, la courbe a fait quelque chose de notable. Le 30 ans a clôturé vendredi à 5,275%. Sur vingt ans d'historique quotidien, ce niveau n'a été dépassé en clôture qu'à six reprises, toutes entre juin et juillet 2007 : la dernière clôture supérieure remonte au 6 juillet 2007 (5,282%), et le sommet absolu de la période est 5,356% (12 juin 2007). Le 30 ans américain se traite donc à huit points de base de son plus haut de vingt ans. Le 10 ans suit à 4,745% (+8,2 pb vendredi), le 5 ans à 4,460%, le 13 semaines à 3,682%. Écart 13 semaines / 30 ans : +159 points de base. La courbe est franchement pentue.
Le dollar
L'indice dollar a terminé à 99,80, contre 101,47 une semaine plus tôt, avec un plus bas hebdomadaire à 99,69. C'est un mouvement de 1,65% sur cinq séances, ce qui est important pour une devise de réserve. L'euro se traite à 1,1527, la livre à 1,3482, le dollar-yen à 157,40 (-1,4% vendredi, donc yen plus fort). Ce dernier point mérite une note : le responsable des changes japonais n'a pas exclu une intervention coordonnée avec les États-Unis, ce qui a fait passer le yen dans la zone des 157 le 30 juillet. Business Recorder — yen et BoJ
Ce dollar plus faible explique une bonne partie de la hiérarchie des performances de la semaine : l'ETF actions internationales développées a pris 2,1%, les émergents 1,2%, l'Allemagne 2,1%, la France 1,6%. Quand le dollar baisse, les actifs libellés dans d'autres devises se réévaluent mécaniquement pour un investisseur américain. L'essentiel de cet écart est donc un effet de conversion, à isoler avant d'en tirer une thèse.
5. Actions US, Europe et Asie
| Indice | Clôture 31/07 | Semaine | Position technique |
|---|---|---|---|
| S&P 500 | 7 489,72 | +1,1% | Au-dessus des moyennes 50 (7 472), 100 (7 209) et 200 jours (7 024). L'ETF de référence est à 1,8% de son plus haut annuel |
| Nasdaq | 25 373,85 | +1,6% | L'indice composite bat le S&P, mais grâce à deux titres : l'ETF technologique large reste 8,1% sous son plus haut annuel et sous sa moyenne 50 jours. C'est toujours la ligne de fracture |
| Dow Jones | 52 485,03 | +1,1% | 1,5% du plus haut annuel. Les grandes valeurs industrielles et financières amortissent |
| Russell 2000 | 2 931,34 | +0,0% | Étale sur la semaine, tout juste sous la moyenne 50 jours. Les petites capitalisations ne participent pas |
| DAX (Allemagne) | 25 629,24 | +2,1% | Meilleur grand indice occidental de la semaine |
| CAC 40 (France) | 8 509,64 | +1,6% | Suit le mouvement européen |
| FTSE 100 (RU) | 10 868,05 | +1,2% | Sans histoire propre cette semaine |
| Hang Seng (HK) | 25 884,43 | +3,7% | Le plus fort mouvement des grands indices, et l'ETF Chine large fait encore mieux (+5,6%) : le rebond chinois est large, pas hongkongais |
| Nikkei 225 (Japon) | 64 362,02 | -0,4% | Voir ci-dessous : le chiffre hebdomadaire cache tout |
Le Japon : -0,4% sur la semaine, et pourtant
Un chiffre hebdomadaire étale peut recouvrir une semaine violente. C'est le cas ici. Le Nikkei est passé de 66 423 (23 juillet) à 61 434 le 29 juillet, soit -7,5% en quatre séances, avant de rebondir de +4,03% le vendredi 31 pour finir à 64 362. Deux moteurs à ce rebond : la Banque du Japon a maintenu son taux autour de 1,0%, et les valeurs de semi-conducteurs ont suivi le mouvement américain du jeudi. L'institution a toutefois averti qu'un pétrole plus cher et un yen faible pouvaient pousser les prix à la consommation. News On Japan — Nikkei +2 494 points
Ce que ça dit pour la semaine : le Japon est devenu l'endroit du marché mondial où la volatilité s'exprime en premier. Un investisseur qui détient de l'exposition Japon doit savoir qu'il achète une amplitude de 7% en quatre jours, pas un indice tranquille.
L'Europe a battu les États-Unis, et il faut savoir pourquoi
L'Allemagne a pris 2,1% sur la semaine, la France 1,6%, le Royaume-Uni 1,2%, contre 1,1% pour le S&P 500. En dollars, l'écart est encore plus large : l'ETF actions internationales développées affiche +2,1% et termine à seulement 0,7% de son plus haut annuel (106,32 $ contre 105,58 $ en clôture). C'est la position technique la plus propre de tout notre univers de suivi, plus propre que celle du S&P.
Il y a deux façons de lire ça, et elles ne mènent pas au même geste. La première : l'Europe est intrinsèquement plus attractive, il faut sur-pondérer durablement. La seconde : le dollar a perdu 1,65% en cinq séances, et pour un investisseur américain toute détention en euros ou en livres se réévalue mécaniquement du même montant. Sur cette semaine précise, la seconde explication couvre l'essentiel de l'écart. Le DAX en euros fait 2,1%, la conversion en dollars ajoute la variation de change : on ne peut pas attribuer à la qualité des entreprises allemandes ce qui vient d'un mouvement de devise.
Ce qui ne veut pas dire qu'il faut ignorer le signal. Une position technique à 0,7% du plus haut annuel reste une position technique, quelle qu'en soit la cause. Notre allocation ajoute deux points sur l'international, pas dix, et pour une raison assumée : on achète la mécanique de change tant qu'elle dure, pas une thèse structurelle sur l'Europe qu'on ne saurait pas défendre.
Émergents et Chine : un rebond large, mais sous les moyennes
L'ETF émergents a pris 1,2% sur la semaine, à 64,09 $, mais il reste 10,5% sous son plus haut annuel (71,57 $) et sous sa moyenne 50 jours (66,54 $). La Chine, elle, fait mieux que le bloc émergent : l'ETF actions chinoises de grandes capitalisations gagne 5,6% sur la semaine (36,50 $ en clôture, après une séance de vendredi étale à -0,05%), devant les 3,7% du Hang Seng. Le rebond n'est donc pas un accident hongkongais concentré sur quelques dossiers : il est large. Ce qui ne suffit pas à en faire une position — l'ETF reste sous sa moyenne 200 jours (37,28 $) et 13% sous son plus haut annuel (42,00 $). On attend la reprise de la 200 jours avant d'y toucher.
L'étroitesse, mesurée
| Mesure | Valeur (5 séances) | Interprétation |
|---|---|---|
| Part des valeurs en hausse | 44,2% | Moins d'une action sur deux a monté dans une semaine où l'indice a pris 1,1% |
| Rendement moyen des composantes | -0,42% | L'action moyenne a perdu de l'argent |
| Meilleure performance | +30,3% | Amplitude maximale de la queue haute |
| Pire performance | -67,4% | Amplitude maximale de la queue basse |
| Écart S&P 500 vs action moyenne | 1,52 point | Toute la performance de l'indice vient de la pondération, pas de la participation |
| Russell 2000 (petites capitalisations) | +0,0% | Le segment le plus large du marché n'a pas bougé |
6. Obligations, dollar, liquidité
| Instrument | Niveau 31/07 | Variation vendredi | Lecture |
|---|---|---|---|
| 13 semaines | 3,682% | +0,7 pb | Ancre de la politique monétaire : pas de baisse pricée à court terme |
| 5 ans | 4,460% | +8,5 pb | La partie intermédiaire monte le plus vite |
| 10 ans | 4,745% | +8,2 pb | Repasse au-dessus de 4,70%, un seuil qui pèse sur les valorisations |
| 30 ans | 5,275% | +6,7 pb | Plus haute clôture depuis le 6 juillet 2007 (5,282%). Sommet de 20 ans : 5,356% |
| ETF Treasuries 20 ans et plus | 82,25 $ | -0,7% | A inscrit vendredi son plus bas de 52 semaines (81,89 $) et clôture 0,4% au-dessus |
| ETF haut rendement | 79,48 $ | +0,3% sem. | Le crédit spéculatif ne stresse pas |
| ETF obligations de qualité | 106,25 $ | +0,0% sem. | Stable : pas de fuite vers la qualité |
| Indice dollar | 99,80 | -1,65% sem. | Casse 100, plus bas hebdomadaire 99,69 |
7. Matières premières
| Matière | Niveau 31/07 | Semaine | Commentaire |
|---|---|---|---|
| Pétrole WTI | 84,67 $ | -5,5% (fonds USO) | Le baril a rendu une partie du sursaut de mi-juillet. Le -5,5% est celui du fonds pétrole coté USO, dont la part vaut 129,17 $ (une part de fonds, pas un baril) : elle reste au-dessus de ses moyennes 50 (123,30) et 200 jours (100,21) de son propre cours |
| Brent | 90,12 $ | — | Prime Brent-WTI à 5,45 $ |
| Gaz naturel | 2,747 $ | -0,4% vend. | Sans direction |
| Cuivre | 6,4655 $/lb | -0,1% vend. | Stable. Pas de signal de récession industrielle |
| Or | 4 107,00 $ | ETF or -0,1% | Voir section 8 : le marché de l'or est dans une autre histoire |
| Argent | 57,79 $ | ETF argent -0,4% | Voir section 8 |
Le point à retenir sur l'énergie : le baril reste haut en niveau absolu (WTI dans les 80, Brent au-dessus de 90) mais il ne mène plus. Sur la semaine, le secteur énergie coté finit à -0,1% en ETF, avec un rendement moyen des composantes de +1%. Les forages pétroliers ressortent pourtant deuxième industrie de la semaine (+5% de rendement moyen). Traduction : l'activité de service pétrolier se tient mieux que les majors intégrées, ce qui est cohérent avec un baril élevé mais stable.
8. Métaux précieux
L'or clôture à 4 107 $ l'once et l'argent à 57,79 $. Sur la semaine, l'ETF or est étale (-0,1%) et l'ETF argent recule de 0,4%. Ces chiffres hebdomadaires sont sans intérêt. Ce qui compte, c'est où ils se situent :
| Véhicule | Clôture 31/07 | Plus haut 52 sem. | Écart | Moyennes |
|---|---|---|---|---|
| ETF or | 371,54 $ | 509,70 $ | -27,1% | Sous la MM50 (385,28) et la MM200 (411,86) |
| ETF argent | 52,36 $ | 109,83 $ | -52,3% | Sous la MM50 (58,00) et la MM200 (63,57) |
Un ETF argent divisé par deux depuis son plus haut de douze mois, un ETF or à 27% sous le sien, les deux sous toutes leurs moyennes mobiles : ce sont des marchés baissiers caractérisés, pas des consolidations. Le secteur minier aurifère ressort d'ailleurs dans les pires industries de la semaine (-3% de rendement moyen), l'argent minier à -4%, les autres métaux précieux à -5%.
9. Crypto
| Actif | Prix | Plus haut 52 sem. | Écart | MM 50 / MM 200 |
|---|---|---|---|---|
| Bitcoin | 63 138 $ | 126 198 $ | -50,0% | 63 370 / 71 292 — sous les deux |
| Ethereum | 1 856,60 $ | 4 953,73 $ | -62,5% | 1 777 / 2 103 — au-dessus de la MM50 |
| Solana | 73,12 $ | 253,21 $ | -71,1% | 74,88 / 86,08 — sous les deux |
| XRP | 1,0792 $ | 3,3758 $ | -68,0% | 1,106 / 1,358 — sous les deux |
Bitcoin est exactement à la moitié de son plus haut annuel, à 9% au-dessus de son plus bas (57 748 $), et adossé à sa moyenne 50 jours (63 370 $) qu'il n'arrive ni à reprendre franchement ni à casser. Les grandes alternatives sont bien plus abîmées : Solana à -71%, XRP à -68%, Ethereum à -62%.
Le fait notable de la semaine : pendant que le S&P prenait 1,1% et que le dollar perdait 1,65%, le bitcoin n'a rien fait. Deux moteurs historiques de la crypto — appétit pour le risque et faiblesse du dollar — se sont allumés en même temps, et le prix n'a pas bougé. Le marché crypto n'est donc plus piloté par la macro mais par ses propres flux, et il faut cesser de le traiter comme un actif de risque parmi les autres dans une allocation.
10. Résultats d'entreprises
La leçon de la semaine passée : décomposer avant de qualifier
Deux publications de la semaine écoulée méritent d'être re-lues, parce qu'elles ont été mal racontées presque partout.
La règle qu'on s'applique désormais avant d'écrire le mot « record », « discipline » ou « ralentissement » sur un résultat : séparer l'opérationnel du non-opérationnel, comparer le flux de trésorerie disponible au bénéfice net, et chercher la phrase du directeur financier dans la transcription avant de conclure à un changement de comportement. Sans ces trois vérifications, chaque chiffre cité peut être exact et l'histoire quand même inversée.
Ce qui arrive cette semaine
| Société | Jour | Moment | Consensus BPA | Mouvement implicite | Capitalisation |
|---|---|---|---|---|---|
| Palantir | Lun 3 | Après clôture | 0,31 $ | 11,4% | 295 Md$ |
| ON Semiconductor | Lun 3 | Après clôture | 0,66 $ | 12,8% | 32 Md$ |
| Vertex Pharmaceuticals | Lun 3 | Après clôture | 4,63 $ place | — | 121 Md$ |
| Marriott | Lun 3 | Avant ouverture | 2,94 $ | 4,7% | 98 Md$ |
| Diamondback Energy | Lun 3 | Après clôture | 5,90 $ | 8,1% | 57 Md$ |
| ONEOK / Williams | Lun 3 | Après clôture | 1,45 / 0,50 $ | 6,1% / 4,4% | 57 / 87 Md$ |
| Sterling Infrastructure | Lun 3 | Après clôture | 4,79 $ | 21,7% | 18 Md$ |
| Advanced Energy Industries | Lun 3 | Après clôture | 1,79 $ | 16,9% | 11 Md$ |
| Caterpillar | Mar 4 | Avant ouverture | 6,17 $ | — | 375 Md$ |
| AMD | Mar 4 | Après clôture | 1,55 $ | — | 776 Md$ |
| Merck | Mar 4 | Avant ouverture | — | — | 322 Md$ |
| HSBC | Mar 4 | Avant ouverture | 2,28 $ | — | 365 Md$ |
| Arista Networks | Mar 4 | Après clôture | 0,86 $ | — | 227 Md$ |
| Amgen | Mar 4 | Après clôture | 5,60 $ | — | 208 Md$ |
| Pfizer | Mar 4 | Avant ouverture | 0,68 $ | — | 143 Md$ |
| Booking Holdings | Mar 4 | Après clôture | 2,44 $ | — | 149 Md$ |
| BP | Mar 4 | Avant ouverture | 1,41 $ | — | 116 Md$ |
| Spotify | Mar 4 | Avant ouverture | 3,29 $ | — | 103 Md$ |
| Eli Lilly, Disney, Shopify, Uber | Mer 5 | Calendrier de place — non couvert par notre flux de résultats à cette date | |||
Lundi soir : Palantir ouvre le bal
Palantir publie lundi après la clôture avec un mouvement implicite de 11,4% — soit environ 34 milliards de dollars de capitalisation qui bougent en une nuit, sur un titre de 295 milliards. C'est le premier grand test du récit « intelligence artificielle appliquée » après une saison de résultats où les hyperscalers ont livré et où les semi-conducteurs ont été volatils. Le consensus est à 0,31 $ par action. Yahoo Finance — Palantir
Le vrai enjeu n'est pas le bénéfice trimestriel : c'est de savoir si les revenus commerciaux américains continuent d'accélérer au rythme des trimestres précédents. Sur une valorisation de ce niveau, le marché n'achète pas un multiple de bénéfices, il achète une pente de croissance. Une pente qui s'aplatit se paye immédiatement, quel que soit le bénéfice publié.
Mardi : Caterpillar à l'ouverture, AMD à la clôture
Caterpillar (375 milliards de capitalisation, consensus 6,17 $ par action) publie avant l'ouverture. C'est le baromètre le plus direct de l'activité industrielle mondiale : engins de chantier, de mine, moteurs. Le point à lire n'est pas le bénéfice trimestriel mais le carnet de commandes et le commentaire sur les prix. Un industriel qui tient ses marges dans une phase de taux longs élevés dit quelque chose sur le pouvoir de fixation des prix de toute la chaîne. Le contexte de la semaine ajoute une nuance : le secteur industriel coté a perdu 1,5% et les matériaux 1,6%, avec un rendement moyen des composantes de -3% sur les matériaux. Le marché entre donc dans cette publication avec des attentes déjà revues à la baisse, ce qui abaisse la barre.
AMD (776 milliards, consensus 1,55 $) publie après la clôture. C'est le vrai test de la thèse semi-conducteurs après une semaine confuse : l'ETF du secteur a gagné 6,9% le jeudi 30 puis a rendu l'essentiel, finissant à -3,7% sur cinq séances. Un rebond de cette ampleur qui ne tient pas deux séances est le signe d'un marché qui veut y croire sans pouvoir le justifier. La publication de mardi soir apportera ou non la justification. Le détail à surveiller n'est pas le chiffre d'affaires du trimestre passé mais la prévision du trimestre en cours : dans ce secteur, le marché paye la pente, pas le niveau.
Un élément de contexte utile : dans le classement des industries de la semaine, l'équipement pour semi-conducteurs a fait +4% quand les semi-conducteurs eux-mêmes faisaient -3,7%. Historiquement, les équipementiers surperforment quand le cycle d'investissement en capacité est en avance sur le cycle de demande finale. Si AMD confirme mardi une demande forte, cet écart devrait se refermer par le haut. S'il déçoit, l'écart dira que le marché finançait des usines pour une demande qui n'arrive pas encore.
11. Géopolitique
Le front qui pèse encore sur le prix du baril reste le détroit d'Ormuz. Les marchés de prédiction donnent des probabilités précises et instructives :
| Question | Probabilité « oui » | Volume 24h | Échéance |
|---|---|---|---|
| Trafic d'Ormuz revenu à la normale d'ici le 31 août | 10,5% | 0,75 M$ | 31/08/2026 |
| Trafic d'Ormuz revenu à la normale d'ici le 15 août | 2,45% | 0,41 M$ | 15/08/2026 |
| Trafic d'Ormuz revenu à la normale d'ici le 30 septembre | 22,5% | 0,32 M$ | 30/09/2026 |
| Cessez-le-feu Israël-Iran maintenu jusqu'au 3 août | 96,7% | 0,60 M$ | 03/08/2026 |
| Invasion américaine de l'Iran avant 2027 | 19,5% | 2,76 M$ | 31/12/2026 |
Il faut lire ce tableau dans le bon ordre, et surtout ne pas se laisser rassurer par la ligne à 96,7%. Ce contrat-là porte sur le cessez-le-feu Israël-Iran : c'est un front, ce n'est pas le seul. Le volet américano-iranien s'est rouvert le 10 juillet, et le détroit n'est pas « perturbé » : il est fermé à l'essentiel du trafic commercial, avec des navires touchés dans la nuit du 31 juillet au 1er août. C'est exactement ce que disent les trois autres lignes du tableau : 2,45% de retour à la normale d'ici le 15 août, 10,5% d'ici fin août, 22,5% d'ici fin septembre. Un marché ne price pas ça sur une crise « gelée ». Al Jazeera — Ormuz, reprise des combats
La conséquence pour un portefeuille est double, et c'est la seconde moitié qu'on lit rarement. D'un côté, un baril à 84 $ WTI et 90 $ Brent avec un détroit fermé, c'est un plancher tant que la situation dure — pas une prime qui se dégonfle. De l'autre, un marché actions qui traite ce contexte en bruit de fond, avec un VIX à 9 jours à 13,05, n'est pas payé pour le porter : la couverture n'est pas chère parce que personne n'en veut, pas parce que le risque a disparu. Nous ne prétendons pas savoir ce qui vient ensuite, et nous n'en tirons aucune position directionnelle sur l'énergie. Nous refusons en revanche d'écrire que la réescalade est un risque « faible » quand des tankers ont été frappés il y a quarante-huit heures : la matrice de la section 13 est corrigée en conséquence.
12. Rotation sectorielle
| Secteur (ETF) | Semaine | Flux | Lecture |
|---|---|---|---|
| Consommation discrétionnaire | +6,1% | 🟢 In | Presque intégralement Amazon. Le rendement moyen des composantes du secteur est de +6% mais l'industrie « commerce en ligne » affiche +13% |
| Communication | +1,8% | 🟢 In | Second bénéficiaire de la saison des grandes plateformes |
| Finance | +1,1% | 🟢 In | Cohérent avec une courbe qui se pentifie |
| Consommation de base | +1,1% | 🟡 Neutre | Défensif classique ; monte sans conviction |
| Santé | -0,0% | 🟡 Neutre | Étale avant la vague de résultats pharma de mardi |
| Énergie | -0,1% | 🟡 Neutre | Tient malgré le repli du baril |
| Technologie | -0,3% | 🔴 Out | Le secteur le plus lourd de l'indice finit négatif dans une semaine à +1,1% |
| Industrie | -1,5% | 🔴 Out | La rotation value cyclique s'est retournée après la Fed |
| Matériaux | -1,6% | 🔴 Out | Pire secteur en rendement moyen des composantes (-3%) |
| Immobilier coté | -1,9% | 🔴 Out | Victime directe du 30 ans à 5,275% |
| Semi-conducteurs | -3,7% | 🔴 Out | Malgré +6,9% le jeudi 30 : le rebond n'a pas tenu deux séances |
| Services aux collectivités | -4,2% | 🔴 Out | Pire secteur de la semaine. Les défensifs de taux paient la remontée du long |
Le haut et le bas du marché sur la séance du vendredi 31 juillet
| Meilleures performances (séance 31/07) | Perf. | Pires performances (séance 31/07) | Perf. |
|---|---|---|---|
| IES Holdings | +30,3% | Defense Tech (DFNS) | -67,4% |
| AXT Inc. | +28,7% | INHD | -54,4% |
| Integer Holdings | +20,2% | Cycurion | -44,8% |
| Ambarella | +16,1% | Roblox | -26,9% |
| Amazon | +15,3% | Veracyte | -22,5% |
| DexCom | +12,0% | -21,0% |
On donne ces chiffres comme des données brutes, sans leur inventer de cause : nous n'avons pas vérifié individuellement le catalyseur de chacun de ces mouvements dans cette session, et une explication non vérifiée vaut moins que pas d'explication. Ce que la table dit, en revanche, sans aucune interprétation : l'amplitude des queues de distribution est énorme. Une seule séance où l'indice fait +0,7% avec des extrêmes à +30% et -67%, c'est de la dispersion maximale. Pour un portefeuille concentré, ça veut dire que le risque idiosyncratique domine largement le risque de marché en ce moment, et donc que la taille des positions compte plus que la direction du marché. Une réserve à poser franchement sur la colonne de droite : à ces amplitudes, une baisse de 50 à 70% en une séance relève au moins autant d'une opération sur titre (regroupement d'actions, détachement, scission) que d'une vente de marché. Nous ne les avons pas départagées ici, et il ne faut donc pas lire cette colonne comme une liste de titres massacrés. Finviz — extrêmes de performance hebdomadaire
13. Matrice des risques
| Risque | Probabilité | Impact | Signal à surveiller |
|---|---|---|---|
| Emploi faible sans détente obligataire — le chiffre déçoit vendredi mais le 30 ans ne baisse pas | Moyenne | Élevé | Clôture du 7/08 : emploi sous 60 000 ET ETF Treasuries longs en baisse le même jour |
| Le 30 ans casse 5,356% (sommet de 20 ans) | Moyenne | Élevé | Il n'y a que 8 pb à parcourir. Au-delà, on entre en territoire sans référence depuis 2007 |
| Palantir déçoit lundi soir et entraîne la thématique IA appliquée | Moyenne | Moyen | Mouvement implicite 11,4% ; contagion à surveiller sur l'ETF technologique mardi matin |
| Élargissement des écarts de crédit | Faible | Élevé | ETF haut rendement sous 78,50 $ invaliderait la thèse « prime de terme, pas récession » |
| Rechute des semi-conducteurs après le faux départ du 30/07 | Moyenne | Moyen | AMD mardi soir. L'ETF semis a déjà rendu son rebond une fois |
| Réescalade au Moyen-Orient — le détroit d'Ormuz est fermé à l'essentiel du trafic, navires touchés le 1er août | Moyenne | Élevé | Brent au-dessus de 100 $, ou le contrat « retour à la normale d'ici fin août » sous 5% (10,5% aujourd'hui). Le cessez-le-feu Israël-Iran à 96,7% ne couvre pas le volet américano-iranien, rouvert le 10 juillet Polymarket |
| Intervention sur le yen — coordonnée Japon/États-Unis | Faible | Moyen | Dollar-yen sous 155 sans catalyseur macro identifié |
14. Allocation tactique
| Poche | Poids | Variation | Raison |
|---|---|---|---|
| Liquidités | 32% | +2 pts | Emploi vendredi : on garde de la puissance de feu pour réagir, pas pour anticiper |
| Actions internationales développées | 12% | +2 pts | Dollar sous 100, ETF international à 0,7% de son plus haut annuel |
| Actions US grandes capitalisations | 10% | = | L'indice va bien, ses composantes moins. On reste au poids, pas au-dessus |
| Finance / assurance | 8% | +1 pt | Courbe pentue à +159 pb entre 13 semaines et 30 ans. Hors FHN, logé dans la poche opportuniste |
| Matières premières et miniers diversifiés | 6% | +1 pt | Dollar faible, cuivre stable. Hors métaux précieux, et hors BHP, logé dans la poche opportuniste |
| Santé | 4% | = | Vague de résultats pharma mardi : on ne bouge pas avant |
| Or et métaux précieux | 0% | -2 pts | Sous toutes les moyennes mobiles. On ne moyenne pas à la baisse une tendance baissière |
| Obligations longues | 0% | = | ETF Treasuries longs collé à son plus bas de 52 semaines (81,89 $ touché vendredi). Attendre un signe d'arrêt |
| Crypto | 2% | = | Position symbolique. Ni thèse haussière ni capitulation |
| Poche opportuniste (dont les 3 trades) | 26% | = | Voir section 15 : entrées sur ordre déclenché uniquement |
15. Trades de la semaine
Bilan des trades de la semaine précédente
| Trade | Plan d'origine | Exécution réelle | P/L | Statut |
|---|---|---|---|---|
| PPG | Entrée déclenchée >116, stop 110,73 | Ouverture du lundi en écart à 118,32 (au-dessus de la zone d'entrée) : l'ordre s'exécute plus haut que prévu. Stop touché mercredi 29 (plus-bas 110,67) | -6,4% réel (-4,5% au niveau théorique) | Stop touché |
| GL | Entrée déclenchée >173,48, cible 1 à 186,80 | Déclenché lundi à ~174,04. Plus-bas depuis : 173,13. Stop 166,82 jamais approché. Plus-haut atteint 183,68 | +4,7% | En cours |
| AALB.AS | Cassure déclenchée >43,00, stop 41,40 | Non déclenché lundi (plus-haut exactement 43,00), ni mardi ni mercredi. Déclenché jeudi 30 (plus-haut 43,12). Clôture vendredi 42,56 | -1,0% | En cours |
Deux enseignements, dont un qui n'apparaît pas dans le chiffre. Premier : la construction en miroir a fonctionné exactement comme annoncée. On avait écrit que PPG (value cyclique) et GL (assurance, prime de taux) étaient des paris inverses et que « les deux ne peuvent pas perdre en même temps ». La Fed restrictive de mercredi a cassé PPG et payé GL. Le risque nommé s'est réalisé, et la couverture a joué. Second, plus coûteux : sur PPG, la perte réelle (-6,4%) dépasse de 1,9 point la perte théorique (-4,5%, calculée depuis le seuil de déclenchement à 116 $), et l'écart vient entièrement de l'ouverture en gap du lundi. Un ordre déclenché ne protège pas du prix d'exécution. Quand un titre ouvre au-dessus de sa zone d'entrée, la discipline correcte est de ne pas prendre l'ordre : le rapport risque/rendement calculé n'existe plus. C'est la correction qu'on applique cette semaine, et on la chiffre au lieu de la poser en pourcentage rond : chaque entrée ci-dessous a un prix de renoncement, celui au-delà duquel le rapport risque/rendement tombe sous 1,5. Un plafond de 1,5% aurait laissé passer un remplissage de BHP à 86,99 $, où le rapport n'est plus que 0,91. Autant ne pas prendre le trade.
Les 3 trades de la semaine
Trois positions longues, aucune avec des résultats programmés cette semaine (vérifié sur le calendrier de résultats). Une seule a une échéance dans son horizon de détention et elle est signalée en clair : Cisco publie le 12 août après clôture, sa fiche fixe la date de sortie. Ordre déclenché à l'entrée, jamais au marché — les sorties, elles, se font au marché quand il faut couper. La construction est volontairement à moteurs opposés : une qui gagne si le dollar reste faible, une qui gagne si les taux longs restent hauts, une qui gagne si le marché participe. Les chiffres valident le montage sur ce plan-là : sur soixante séances, la corrélation BHP/FHN ressort à -0,01, BHP/CSCO à 0,15, FHN/CSCO à 0,20. Trois lignes réellement indépendantes les unes des autres. Ce que ce montage ne fait pas — et il vaut mieux l'écrire que laisser croire à une couverture — c'est protéger du marché lui-même : ce sont trois positions longues sur des actions. Face à l'indice, BHP corrèle à 0,69 et CSCO à 0,41. Un accès de risk-off généralisé les fait baisser toutes les trois le même jour, et la seule chose qui couvre ça, ce sont les 32% de liquidités. Sur le seul chiffre de vendredi, en revanche, elles ne peuvent pas toutes échouer. Deux le peuvent : des salaires horaires chauds feraient rebondir le dollar (contre BHP) et remonter la duration (contre CSCO) en laissant FHN seule debout. C'est pour ça que CSCO est la ligne la plus petite des trois et que le playbook de la section 18 la traite en premier.
BHP — BHP Group — le dollar faible dans une minière diversifiée
R/R 1,71Première minière diversifiée mondiale, 214,6 milliards de capitalisation, clôture à 84,49 $. Le titre est au-dessus de ses trois moyennes mobiles exponentielles (20 jours 83,51 ; 50 jours 83,21 ; 200 jours 73,04) — mais sous sa moyenne arithmétique 50 jours (84,78), nuance qu'on préfère écrire, à 9,9% sous son plus haut annuel (93,83 $), avec un RSI à 52,7 — ni suracheté ni survendu. Fondamentaux : cours/bénéfice prévisionnel 17,3, dividende 3,15%.
La thèse. Un dollar qui casse 100 réévalue mécaniquement les matières premières, et le cuivre est resté stable (6,4655 $/lb) là où l'or et l'argent se sont effondrés. C'est la nuance : on veut l'exposition matières premières industrielles, pas précieuses. BHP donne exactement ça, avec un bilan de première qualité et un dividende de 3,15% qui paye l'attente. L'entrée se déclenche au-dessus du plus-haut de vendredi (85,69 $), le stop à 82,60 $ passe sous l'amas des moyennes 20 et 50 jours, soit environ 1,3 fois l'amplitude quotidienne moyenne (2,43 $).
Le scénario adverse assumé : un rapport d'emploi vendredi qui déclencherait un rebond du dollar casserait la thèse en une séance. C'est le risque miroir de FHN ci-dessous, et c'est voulu. Deux réserves qu'on préfère poser tout de suite. La première : le positionnement en options sur le titre penche du côté des puts — ce n'est pas un signal directionnel fiable pris isolément, mais ça n'accompagne pas la thèse, et le setup n'a donc pas la confirmation de flux qu'on aimerait. La seconde : BHP a retiré fin 2025 son offre en titres sur Anglo American, et la période d'interdiction prévue par le code britannique des offres est écoulée depuis. Une opération payée en actions, si elle revenait, pèserait sur l'acquéreur — c'est-à-dire sur cette ligne. Nous n'en anticipons aucune ; nous refusons simplement de faire comme si cette porte était fermée. Une borne de calendrier, enfin : BHP publie ses résultats annuels le 17 août, au-delà de l'horizon de ce swing — si la ligne est encore ouverte à ce moment-là, elle se réduit avant, pas après. Filtre de conformité : l'activité (extraction minière) ne pose pas de problème sectoriel, mais les ratios financiers n'ont pas été passés au crible dans cette édition. Nous ne délivrons donc aucun avis de conformité sur cette ligne. À vérifier soi-même avant l'entrée.
FHN — First Horizon — la courbe pentue dans une banque régionale
R/R 1,80Banque régionale du Sud-Est américain, 12,2 milliards de capitalisation, clôture à 25,64 $. Au-dessus de ses moyennes 20 (25,54), 50 (25,16) et 200 jours (23,81), à seulement 3,5% de son plus haut annuel (26,56 $). RSI 52,8, MACD positif. Cours/bénéfice prévisionnel 11,1, dividende 2,65%.
La thèse. L'écart entre le 13 semaines (3,682%) et le 30 ans (5,275%) est de 159 points de base. Une banque régionale se refinance sur le court et prête sur le long : plus la courbe est pentue, plus la marge d'intérêt tend à s'élargir. Le mot « mécaniquement » serait faux et il faut le dire : la marge ne suit qu'au rythme où les dépôts se repricent à la baisse et où les crédits se renouvellent, et un prêteur régional prête à cinq-sept ans, pas à trente. C'est une tendance de plusieurs trimestres qu'on achète ici, pas un automatisme de séance. C'est le même moteur que la position d'assurance qui a fonctionné la semaine dernière, appliqué à un secteur qui a fini la semaine à +1,1%. Le titre est adossé à un plus haut annuel qu'il n'a pas encore franchi : on achète la cassure au-dessus de 25,80 $, avec un stop à 24,80 $ sous la moyenne 50 jours.
Le scénario adverse assumé : un emploi très faible vendredi ferait replonger la partie longue sur des anticipations de baisses, aplatirait la courbe et effacerait la thèse. C'est le pari exactement inverse de BHP. Second risque, propre au dossier et absent du prix quand tout va bien : une banque régionale du Sud-Est porte un livre de crédit immobilier commercial, et des taux longs à 5,275% sont le mauvais environnement pour ce livre-là — l'immobilier coté a perdu 1,9% sur la semaine pour cette raison exacte. La courbe pentue paie la marge ; elle ne paie pas le coût du risque. À noter aussi, sans en faire un signal négatif : la société a émis 16 millions de titres préférentiels (série H) en mars 2026 au titre d'un programme d'émission en vigueur. Ce n'est pas de la dilution du capital ordinaire, mais le coupon de ces titres passe avant le dividende de l'action, et le programme reste ouvert. Conventionnel (activité bancaire) : CONV non compatible.
CSCO — Cisco Systems — l'infrastructure IA sans la volatilité des puces
R/R 1,50457 milliards de capitalisation, clôture à 115,99 $ (+2,1% vendredi). Au-dessus de ses moyennes 20 (114,46), 50 (112,66) et 200 jours (93,81), à 11% sous son plus haut annuel (130,37 $). Cours/bénéfice prévisionnel 24,2, dividende 1,45%.
La thèse. L'ETF technologique est 8,1% sous son plus haut et sous sa moyenne 50 jours ; les semi-conducteurs ont perdu 3,7% sur la semaine malgré un jeudi à +6,9%. Si l'on veut de l'exposition à la construction de centres de données — qui, elle, n'a pas ralenti, comme la note sur Microsoft plus haut le montre — l'équipement réseau offre le même thème avec une bien moindre volatilité et un multiple deux fois plus raisonnable que les puces. Entrée déclenchée au-dessus du plus-haut de vendredi (117,25 $), stop sous la moyenne 50 jours.
Deux nuances honnêtes. Le MACD est encore négatif (-0,48), même s'il est repassé au-dessus de sa ligne de signal (-0,68) — c'est le setup le moins propre des trois, et son rapport risque/rendement de 1,50 est le plus faible : taille réduite. Et l'entreprise publie ses résultats annuels le 12 août après clôture — date vérifiée au calendrier, pas une approximation : en partant d'une entrée le 4 août, cela laisse six séances, et la ligne se solde en totalité le 11 août à la clôture, sans exception ni « on verra ». Il faut en tirer la conséquence tout de suite plutôt que de la découvrir en cours de route : dans ce délai, la cible 2 à 130,30 $ est hors d'atteinte sauf mouvement violent. On pilote cette position sur la cible 1 (126,00 $) et sur une sortie en temps ; le rapport risque/rendement réel de la ligne est donc 1,50, et rien au-delà. Filtre de conformité : activité technologique, sans obstacle sectoriel, mais ratios financiers non audités dans cette édition. Pas d'avis de conformité de notre part sur cette ligne.
16. Leaders thématiques et sectoriels
Industries — le haut et le bas sur cinq séances
| Industrie en tête | Rend. moyen | Industrie en queue | Rend. moyen |
|---|---|---|---|
| Commerce en ligne | +13% | Jeux vidéo | -16% |
| Forage pétrolier | +5% | Intrants agricoles | -7% |
| Équipement pour semi-conducteurs | +4% | Électronique grand public | -7% |
| Instruments scientifiques | +3% | Services d'information santé | -6% |
| Contenu et services internet | +3% | Autres métaux précieux | -5% |
| Équipement de communication | +2% | Or (mines) | -3% |
Deux choses à noter. D'abord, l'équipement pour semi-conducteurs (+4%) surperforme les semi-conducteurs eux-mêmes (-3,7%) : quand les fabricants d'outils font mieux que les fabricants de puces, le marché price la construction de capacité plutôt que la vente de volume, c'est-à-dire le cycle d'investissement plutôt que le cycle de demande finale. Ensuite, l'équipement de communication est positif (+2%) — ce qui étaye directement le raisonnement derrière notre troisième position. Finviz — performance par industrie
Thèmes actifs
| Thème en tête | Rend. moyen (5 j) | Thème en queue | Rend. moyen (5 j) |
|---|---|---|---|
| Construction résidentielle | +6% | Objets connectés portables | -5% |
| Production audiovisuelle | +6% | Jumeau numérique | -4% |
| Véhicules autonomes | +4% | Technologie financière | -4% |
| Cybersécurité | +4% | Appareils de jeu | -4% |
| Équipement semi-conducteurs | +3% | Exploration spatiale | -3% |
| Fibre optique | +3% | Technologies médicales | -3% |
La construction résidentielle en tête avec un 30 ans à 5,275% est le résultat le plus contre-intuitif de la table. Il ne faut pas en tirer une thèse : sur cinq séances, un thème de 81 valeurs peut monter pour des raisons de positionnement plutôt que de fondamentaux. Ce qu'on retiendra plutôt, c'est la cohérence du bloc « infrastructure numérique » : équipement semi-conducteurs, fibre optique, cybersécurité, tous positifs, tous liés à la même dépense d'investissement.
Corrélations qui comptent cette semaine
| Paire | Constat de la semaine | Signal |
|---|---|---|
| Actions vs Treasuries longs | S&P à 1,8% de son plus haut, ETF Treasuries longs collé à son plus bas de 52 semaines | Divergence extrême |
| Dollar vs or | Dollar -1,65%, or étale (-0,1%) | Relation cassée |
| Dollar vs international | Dollar -1,65%, ETF international +2,1%, émergents +1,2% | Relation normale |
| Bitcoin vs appétit pour le risque | VIX -13,9%, dollar en baisse, bitcoin inchangé | Décorrélation totale |
| Cuivre vs métaux précieux | Cuivre stable, or et argent en retrait, mines d'or -3% | Industriel > monétaire |
| Semi-conducteurs vs leurs équipementiers | -3,7% contre +4% | Capacité > demande |
| Crédit haut rendement vs actions | Haut rendement +0,3%, S&P +1,1% — tous deux positifs | Confirmation |
| Petites vs grandes capitalisations | Russell 0,0% contre S&P +1,1% | Étroitesse |
17. Régime de marché — deux moteurs, deux lectures
| Moteur | État | Score | Détail |
|---|---|---|---|
| Classificateur probabiliste | risk_on | 57,9% de confiance Défensivité 3,3/100 | Neutre à 42,1%, risque baissier et crise à 0%. Transition à 5 jours : 48,9% risk-on, 26,9% neutre, 16,5% début de risk-off, 7,7% crise |
| Moteur systématique | RECOVERY | 0,72 | Indice à 7 489,72, au-dessus des moyennes 50 (7 472), 100 (7 209) et 200 jours (7 024). VIX 15,99, sous sa moyenne 14 jours (17,71) et non montant. Crédit 0,67, dollar 1,00, liquidité 0,50 |
Les deux moteurs disent la même chose avec des mots différents : le marché va bien, et il n'est pas en euphorie. Le point qui mérite attention est la transition à cinq jours du classificateur probabiliste : il donne 24,2% de probabilité cumulée de basculer en début de risk-off ou en crise d'ici la fin de la semaine. Ce n'est pas alarmant en soi — mais c'est presque un quart, dans une semaine qui se termine par le chiffre le plus surveillé du calendrier.
Structure de la volatilité
| Échéance | Niveau | Lecture |
|---|---|---|
| 9 jours | 13,05 | Le marché ne price aucun risque immédiat |
| 30 jours | 15,99 | Ratio 9j/30j : 0,82 |
| 3 mois | 19,02 | Ratio 30j/3M : 0,84 |
| 6 mois | 21,34 | Contango marqué sur toute la courbe Cboe — famille VIX |
18. Le playbook de vendredi
Notre avantage n'est pas de deviner le chiffre. Il est de réagir vite et sans hésiter une fois qu'il est publié. Un investisseur particulier peut être entièrement en liquidités à 14h29 et prendre position à 14h45 ; un gérant institutionnel ne peut pas. Voilà donc, écrit à l'avance, ce qu'on fait dans chaque cas de figure. Écrire le plan avant l'événement est le seul moyen de ne pas le réécrire après coup pour qu'il colle au résultat.
| Emploi de juillet | Réaction attendue du 30 ans | Ce qu'on fait | Ce qu'on ne fait pas |
|---|---|---|---|
| Très faible : sous 40 000 | Baisse franche si le mécanisme classique tient. Pas de baisse si les faucons dominent le discours | On attend la clôture. Si le rendement long baisse et que les actions montent : on garde tout, notre thèse baissière était fausse. Si le rendement long ne baisse pas : on coupe FHN au marché lundi à l'ouverture et on passe la poche opportuniste à 15% | On n'achète pas la baisse dans l'heure. La première réaction sur ce type de chiffre s'inverse une fois sur deux avant la clôture |
| Faible : 40 000 à 70 000 | Détente modérée, entre 5 et 10 points de base | Rien. C'est le scénario dans lequel les trois positions restent valides et où les stops font leur travail seuls | On ne déplace aucun stop. On ne renforce rien |
| En ligne : 70 000 à 110 000 | Peu de mouvement | Rien vendredi. Lundi, si FHN a franchi 25,80 $ et tenu, on prend la moitié du gain à 27,60 $ | On ne cherche pas d'histoire dans un chiffre en ligne. Il n'y en a pas |
| Fort : au-dessus de 110 000 | Hausse des rendements longs, potentiellement au-delà de 5,356% sur le 30 ans | C'est le meilleur cas pour FHN et le pire pour BHP (dollar qui rebondit). On laisse courir la banque, on resserre le stop de BHP à 84,00 $ — et, puisque c'est le même pari, on ramène la poche internationale de 12% à 10% si le dollar repasse au-dessus de 101 en clôture | On ne vend pas les actions par réflexe sur un bon chiffre d'emploi. Un marché du travail solide est d'abord une bonne nouvelle pour les bénéfices |
| Salaires horaires au-dessus de +0,4% sur le mois, quel que soit le nombre d'emplois | Hausse quelle que soit la lecture sur l'emploi | Ce sous-indicateur pèse plus que le nombre principal cette fois-ci, parce que trois membres de la Fed cherchent une justification pour monter. Réduire l'exposition longue duration (technologie, immobilier coté) dès la première heure. Concrètement dans ce portefeuille : CSCO est la ligne visée — on sort la moitié et on remonte le stop à 114,00 $ sur le reste | On ne se contente pas de lire le titre du communiqué. Le salaire horaire est dans le même document |
19. Outlook — trois scénarios
L'emploi ressort proche ou au-dessus du consensus (+85 000) sans accélération des salaires, l'ISM services confirme au-dessus de 54, et Caterpillar comme AMD livrent. La partie longue se stabilise sous 5,30% sur le 30 ans, le dollar reste faible. Le S&P attaque son plus haut annuel, l'étroitesse se résorbe (les petites capitalisations et les industrielles reprennent), et le classificateur bascule franchement en risk-on. Niveau de confirmation : ETF S&P au-dessus de 755 $ en clôture hebdomadaire.
L'emploi sort dans la fourchette 40 000 à 110 000 du playbook, ni assez faible pour effrayer ni assez fort pour valider les faucons. Le S&P évolue en range 7 400-7 560, le VIX entre 15 et 19, le 30 ans oscille entre 5,20 et 5,32%. Les résultats font des mouvements individuels de 8 à 12% sans direction d'indice. L'étroitesse persiste : l'indice tient grâce à quelques titres, la moitié du marché continue de reculer. C'est le scénario le plus probable, et le plus inconfortable à jouer : on gagne en sélection, pas en exposition.
L'emploi ressort sous 40 000, et — c'est le point — la partie longue ne se détend pas, parce que trois membres de la Fed veulent monter les taux et qu'il n'y a plus de guidance. Le 30 ans casse 5,356% (sommet de 20 ans). Dans cette configuration, l'immobilier coté, les collectivités et les valeurs de croissance à long duration prennent le choc en premier. Le VIX à 9 jours à 13,05 signifie que personne n'est couvert. Invalidation du scénario : si un emploi sous 40 000 fait monter l'ETF Treasuries longs de plus de 1% ET le S&P le même jour, cette thèse est fausse et il faut l'abandonner.
Ce qu'il faut surveiller, dans l'ordre
| Quand | Quoi | Seuil qui compte |
|---|---|---|
| Lundi 16h | ISM manufacturier | Un chiffre sous 48 relancerait le débat récession avant l'emploi |
| Lundi après clôture | Palantir | Mouvement implicite 11,4% : la réaction de mardi matin sur l'ETF technologique |
| Mardi avant ouverture | Caterpillar | Baromètre industriel mondial : consensus 6,17 $ |
| Mardi après clôture | AMD | Consensus 1,55 $. Le test de la thèse semi-conducteurs après un rebond avorté |
| Mercredi 16h | ISM services | Consensus ~54,5 après 54,0. Sous 52 changerait le ton de la semaine |
| Vendredi 14h30 | Emploi américain de juillet | +85 000 attendu. Regarder la réaction du 30 ans AVANT celle des actions |
| Toute la semaine | ETF Treasuries longs | 82,25 $ vendredi, plus bas de 52 semaines à 81,89 $. Une cassure nette est le vrai signal |
20. Thèse de marché : le réflexe ne marche plus
Depuis quinze ans, une règle simple a fonctionné : quand les données économiques déçoivent, la banque centrale devient plus accommodante, les taux baissent, et les actions montent. Des générations entières d'investisseurs ont appris à acheter les mauvaises nouvelles. Cette semaine, cette règle est suspendue — et presque personne n'en parle.
Le 29 juillet, trois membres du comité de politique monétaire ont voté pour monter les taux. Pas pour les maintenir en signalant de la prudence : pour les monter. C'est la première fois depuis septembre 2016 que trois voix dissidentes pointent dans la même direction. Le président a supprimé la guidance prospective, ce qui veut dire concrètement que le marché n'a plus de texte à lire entre les réunions. Et le 30 ans, pendant ce temps, est allé chercher son plus haut niveau depuis juillet 2007. Bloomberg — trois dissidences le 29 juillet
C'est ça, la bascule de la semaine. Pas les résultats d'AMD ou de Palantir, aussi spectaculaires soient leurs mouvements implicites. Vendredi, l'emploi américain sortira, et la question ne sera pas « bon ou mauvais » — elle sera : est-ce que la partie longue de la courbe accepte encore de jouer son rôle d'amortisseur ? Historiquement, un emploi faible faisait baisser les rendements longs et amortissait la chute des actions. Si vendredi un chiffre faible sort et que le 30 ans ne baisse pas, alors le portefeuille classique n'a plus de coussin — au moment précis où le VIX à 9 jours cote 13,05, c'est-à-dire où la protection est au plus bas de son prix.
Notre thèse est falsifiable et elle sera tranchée vendredi soir. Si l'emploi ressort sous 40 000 et que l'ETF Treasuries longs monte de plus de 1% le même jour, nous avions tort : le mécanisme fonctionne toujours, le marché price bien des baisses malgré les faucons, et il faudra le dire ici la semaine prochaine. Si au contraire un chiffre faible laisse les rendements longs inchangés ou les fait monter, alors la relation actions-obligations est cassée pour cette phase du cycle, et toute allocation construite sur l'idée que les obligations protègent doit être revue.
En attendant, la discipline : 32% de liquidités, trois positions à moteurs opposés, aucune prise avant un résultat, aucun ordre au marché, et aucune conviction sur l'or ou sur les obligations longues tant qu'elles restent sous leurs moyennes. Un marché où l'indice monte et où 56% des actions baissent ne récompense pas l'exposition supplémentaire. On refera les comptes vendredi soir.
21. Sources
Politique monétaire et macro
Marchés et taux
International
Résultats d'entreprises
Performances sectorielles et industrielles
Nos rapports précédents
Avertissement. Ce document est une analyse d'information à caractère général. Il ne constitue ni un conseil en investissement, ni une recommandation personnalisée, ni une sollicitation d'achat ou de vente. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les niveaux d'entrée, de stop et d'objectif présentés sont des hypothèses de travail assorties d'un risque de perte en capital pouvant aller jusqu'à la totalité du montant investi. Chaque lecteur doit apprécier l'adéquation de ces informations à sa situation personnelle et, le cas échéant, consulter un conseiller agréé.