Série Les Options de A à Z — Partie 1 sur 6

Calls, Puts et les Bases

Une option est un droit, pas une obligation. Avant de parler stratégies, Greeks ou spreads, il faut comprendre cette mécanique fondamentale. On part de zéro : calls, puts, strikes, premiums, et pourquoi ce marché de $40 000 milliards existe.

Calls & Puts Strike & Premium ITM / ATM / OTM Payoff Diagrams
Les Options de A à Z1/6
Qu'est-ce qu'une optionCall vs PutLe vocabulaire cléITM / ATM / OTMValeur intrinsèquePourquoi les optionsExemple concretPayoff Diagrams
Section 1

Qu'est-ce qu'une option ?

Une option est un contrat financier qui donne à son acheteur le droit — mais pas l'obligation — d'acheter ou de vendre un actif sous-jacent (action, indice, ETF, matière première) à un prix fixé d'avance, avant une date limite. Ce droit a un prix : le premium.

C'est la distinction fondamentale avec les futures ou les actions : l'acheteur d'une option choisit s'il exerce son droit. Si le marché lui donne tort, il laisse l'option expirer et perd uniquement le premium payé. Le vendeur, lui, a une obligation : si l'acheteur exerce, le vendeur doit honorer le contrat.

Analogie simple

Pensez à un billet de réservation pour un concert. Vous payez 50 € pour réserver une place à 200 €. Si le concert affiche complet et que les places se revendent 400 €, votre réservation vaut 200 € de profit. Si le concert est annulé, vous perdez vos 50 € de réservation — mais pas les 200 €, car vous n'étiez pas obligé d'acheter la place. Le billet de réservation est votre premium. Le prix de 200 € est votre strike.

Chaque contrat d'option porte sur 100 actions du sous-jacent. Quand on dit qu'une option coûte $5, on paie en réalité $500 (5 × 100). C'est le multiplicateur standard sur les marchés américains.

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Contrat

Un accord standardisé entre acheteur et vendeur, coté sur un exchange (CBOE, NYSE Arca)

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Droit, pas obligation

L'acheteur choisit d'exercer ou non. Le vendeur est obligé si l'acheteur exerce

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Risque défini

L'acheteur ne peut perdre que le premium payé. Le vendeur a un risque potentiellement illimité

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Effet de levier

Contrôler 100 actions pour une fraction du prix. Un mouvement de 5% sur le sous-jacent peut valoir 50%+ sur l'option

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Call vs Put : Les Deux Familles

Le Call — Droit d'acheter

Un call donne à son acheteur le droit d'acheter 100 actions du sous-jacent au prix du strike, avant l'expiration. On achète un call quand on est haussier (bullish) : on pense que le prix du sous-jacent va monter au-dessus du strike + premium payé.

Profit potentiel : théoriquement illimité (le cours peut monter indéfiniment).
Perte maximale : le premium payé.
Breakeven : strike + premium.

Profit d'un Long Call à l'expiration
Profit = (Prix du sous-jacent − Strike) × 100 − Premium payé

Le Put — Droit de vendre

Un put donne à son acheteur le droit de vendre 100 actions au prix du strike. On achète un put quand on est baissier (bearish) ou quand on veut protéger une position existante contre une baisse.

Profit potentiel : le strike × 100 − premium (le cours ne peut pas descendre sous 0).
Perte maximale : le premium payé.
Breakeven : strike − premium.

Profit d'un Long Put à l'expiration
Profit = (Strike − Prix du sous-jacent) × 100 − Premium payé
CallPut
DirectionHaussier (bullish)Baissier (bearish)
Droit deAcheter au strikeVendre au strike
Profit max (acheteur)IllimitéStrike × 100 − premium
Perte max (acheteur)Premium payéPremium payé
BreakevenStrike + premiumStrike − premium
Utilisé pourSpéculer à la hausse, hedger un shortProtéger un long, spéculer à la baisse

Acheteur vs Vendeur

Tout ce qui précède concerne l'acheteur (long). Le vendeur (short, ou « writer ») a le profil inverse : il encaisse le premium mais prend un risque potentiellement illimité (short call) ou substantiel (short put). La vente d'options nues est réservée aux traders expérimentés avec un compte margin approuvé.

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Le Vocabulaire Clé

TermeDéfinitionExemple
Strike (prix d'exercice) Le prix auquel l'acheteur peut acheter (call) ou vendre (put) le sous-jacent AAPL Call Strike $200 → droit d'acheter AAPL à $200
Premium Le prix du contrat d'option, payé par l'acheteur au vendeur Premium $5 = $500 par contrat (5 × 100 actions)
Expiration La date limite après laquelle l'option cesse d'exister AAPL Jul 18 2026 Call $200 → expire le 18 juillet 2026
Exercice Activer le droit : l'acheteur achète (call) ou vend (put) au strike Exercer un call AAPL $200 → acheter 100 AAPL à $200 chacune
Sous-jacent (underlying) L'actif sur lequel porte l'option AAPL, SPY, QQQ, TSLA, GLD
Multiplicateur Nombre d'actions par contrat (100 pour les equity options US) 1 contrat = 100 actions. Premium $3 = coût total $300
Open Interest (OI) Nombre de contrats ouverts (ni fermés ni exercés) pour un strike/expiration donné OI 15,000 = 15 000 contrats actifs sur ce strike
Volume Nombre de contrats échangés dans la journée Volume 2,500 = 2 500 contrats tradés aujourd'hui
Bid / Ask Prix d'achat (bid) et de vente (ask) du contrat. L'écart = spread Bid $4.80 / Ask $5.10 → spread de $0.30
Assignment Le vendeur est « assigné » quand l'acheteur exerce : il doit livrer (call) ou acheter (put) les actions Short call AAPL $200 assigné → vendre 100 AAPL à $200

Options européennes vs américaines

Les options américaines peuvent être exercées à tout moment avant l'expiration. Les options européennes ne peuvent être exercées qu'à l'expiration. Presque toutes les options sur actions US sont de style américain. Les options sur indices (SPX, NDX) sont souvent européennes. En pratique, l'exercice anticipé est rare — il est presque toujours plus profitable de revendre l'option que de l'exercer.

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ITM, ATM, OTM — La « Moneyness »

La moneyness décrit la relation entre le prix du sous-jacent et le strike de l'option. C'est le concept le plus important pour comprendre comment les options sont tarifées.

MoneynessCallPutCaractéristique
ITM (In The Money) Prix > Strike Prix < Strike L'option a de la valeur intrinsèque. Plus chère, mais plus de chances de profit
ATM (At The Money) Prix ≈ Strike Prix ≈ Strike Le strike est proche du cours actuel. Maximum de valeur temps (theta)
OTM (Out of The Money) Prix < Strike Prix > Strike Pas de valeur intrinsèque. Moins chère, mais probabilité de profit plus faible

Exemple concret

AAPL se négocie à $210. Voici comment la moneyness s'applique à différents calls :

StrikePremiumMoneynessValeur intrinsèqueValeur temps
$190$23.50Deep ITM$20.00$3.50
$200$14.00ITM$10.00$4.00
$210$6.50ATM$0.00$6.50
$220$2.80OTM$0.00$2.80
$230$0.90Deep OTM$0.00$0.90

Le piège du « pas cher »

Un call OTM à $0.90 semble « pas cher » comparé à $23.50 pour le deep ITM. Mais le call OTM a besoin que AAPL monte de $20 (presque 10%) juste pour atteindre le breakeven. Le deep ITM, lui, gagne dès qu'AAPL bouge de $0.01. Le prix bas d'une option OTM reflète sa faible probabilité de profit — pas une « bonne affaire ».

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Valeur Intrinsèque vs Valeur Temps

Le premium d'une option se décompose en deux composantes :

Décomposition du premium
Premium = Valeur intrinsèque + Valeur temps

La valeur intrinsèque

C'est la valeur « réelle » de l'option si elle était exercée immédiatement. Pour un call : max(0, Prix − Strike). Pour un put : max(0, Strike − Prix). Seules les options ITM ont une valeur intrinsèque. Les options ATM et OTM ont une valeur intrinsèque de zéro.

La valeur temps (extrinsèque)

C'est ce que le marché paie pour le potentiel de l'option — la possibilité qu'elle devienne (plus) profitable avant l'expiration. La valeur temps dépend de trois facteurs principaux :

Temps restant

Plus il reste de temps, plus la valeur temps est élevée. À l'expiration, la valeur temps = 0

Volatilité implicite

Plus le marché anticipe de mouvements, plus l'option coûte cher (on paie l'incertitude)

Taux d'intérêt

Impact mineur mais réel : les calls valent légèrement plus quand les taux montent (coût de portage)

Pourquoi la valeur temps s'érode

La valeur temps s'érode chaque jour — c'est ce qu'on appelle le theta decay (on en parlera en détail dans la Partie 2 : Les Greeks). L'érosion est non-linéaire : elle s'accélère fortement dans les 30 derniers jours avant l'expiration. C'est pourquoi les options à court terme sont moins chères en valeur absolue mais perdent plus vite en pourcentage.

Section 6

Pourquoi les Options Existent

Le marché des options représente plus de $40 000 milliards de notionnel échangé chaque année. Trois utilisations principales expliquent cette taille :

1. Le Hedging (couverture)

Un gérant de fonds qui détient $10M en actions tech peut acheter des puts sur le QQQ pour limiter sa perte en cas de crash. C'est une assurance : le premium est le « coût de la police ». Si le marché s'effondre, les puts prennent de la valeur et compensent les pertes sur les actions. C'est l'utilisation originale des options — et la raison pour laquelle elles ont été inventées.

2. La Spéculation

L'effet de levier des options permet de prendre des paris directionnels avec un risque défini. Au lieu d'acheter 100 actions NVDA à $140 ($14 000), on peut acheter un call à $5 ($500). Si NVDA monte de 10%, l'action gagne $1 400 (10%) mais le call peut gagner $800+ (160%). L'effet de levier fonctionne dans les deux sens : si NVDA ne bouge pas ou baisse, on peut perdre 100% du premium.

3. La Génération de Revenus

Les stratégies comme le covered call (vendre des calls sur des actions qu'on possède) génèrent un revenu régulier. Le vendeur encaisse le premium immédiatement. En contrepartie, il accepte de limiter son upside potentiel. C'est une stratégie populaire chez les investisseurs long-terme qui veulent extraire un rendement supplémentaire de leurs positions.

UtilisationQuiObjectifStratégie typique
HedgingInstitutionnels, gérantsLimiter les pertesProtective put, collar
SpéculationTraders actifs, retailEffet de levier directionnelLong call/put, spreads
RevenusInvestisseurs long-termeCash flow régulierCovered call, cash-secured put
ArbitrageMarket makers, quantsProfit sans risque directionnelPut-call parity, conversion
Section 7

Exemple Concret : Un Call AAPL

Mettons les concepts en pratique avec un trade complet.

Le Setup

  • Action : Apple (AAPL), actuellement à $210
  • Thèse : AAPL va monter après les earnings dans 3 semaines
  • Contrat : Achat de 1 Call AAPL Strike $215, expiration dans 30 jours
  • Premium : $4.50 par action → coût total = $450
  • Breakeven : $215 + $4.50 = $219.50

Scénarios à l'expiration

Prix AAPLMoneynessValeur de l'optionProfit/PerteRendement
$230 Deep ITM $15.00 ($1 500) +$1 050 +233%
$225 ITM $10.00 ($1 000) +$550 +122%
$219.50 Breakeven $4.50 ($450) $0 0%
$215 ATM $0 (expire sans valeur) −$450 −100%
$210 OTM $0 (expire sans valeur) −$450 −100%
$200 Deep OTM $0 (expire sans valeur) −$450 −100%

Observation clé : AAPL doit monter de 4.5% (de $210 à $219.50) juste pour ne pas perdre d'argent. Si AAPL finit à $215 — en hausse de 2.4% — l'option perd 100%. C'est l'asymétrie fondamentale : l'effet de levier amplifie les gains ET l'exigence de performance.

Quiz : Si AAPL monte de 10% (à $231), quel est le rendement du call ?

AAPL à $231 → l'option vaut ($231 − $215) × 100 = $1 600. Profit = $1 600 − $450 = $1 150, soit un rendement de +256%. Avec 100 actions achetées en direct ($21 000), le gain serait de $2 100 (+10%). L'option multiplie le rendement par 25× pour une mise 47× plus petite.

Section 8

Payoff Diagrams : Visualiser le Profit

Le payoff diagram (ou diagramme de profit/perte) est l'outil visuel fondamental pour comprendre une position options. L'axe X représente le prix du sous-jacent à l'expiration, l'axe Y le profit ou la perte.

Long Call — Payoff

Le diagramme du long call montre clairement : la perte est plafonnée au premium ($450) en dessous du strike, puis le profit monte linéairement au-dessus du breakeven. Le coude se situe au strike ($215) et la ligne coupe l'axe zéro au breakeven ($219.50).

Long Put — Payoff

Le long put est le miroir : la perte est plafonnée au-dessus du strike, et le profit augmente quand le cours baisse sous le breakeven. Le profit maximal est atteint quand le sous-jacent tombe à $0 (peu probable mais théoriquement possible).

Les 4 positions de base

Lire un payoff diagram

Trois choses à repérer immédiatement : 1) où la ligne coupe le zéro (breakeven), 2) le maximum de perte (point le plus bas), 3) si le profit est plafonné ou illimité (la ligne continue-t-elle à monter ?). Ces trois informations résument entièrement le profil risque/rendement de la position.

Ce qu'il faut retenir

  • Une option est un droit, pas une obligation — l'acheteur choisit, le vendeur subit
  • Call = haussier (droit d'acheter), Put = baissier (droit de vendre)
  • Le premium = valeur intrinsèque + valeur temps. La valeur temps s'érode chaque jour
  • ITM = l'option a de la valeur réelle, OTM = pari sur un mouvement futur
  • 1 contrat = 100 actions. Un premium de $5 coûte $500
  • L'effet de levier amplifie gains ET exigences. Le breakeven n'est pas le strike mais strike ± premium
  • Le payoff diagram résume tout : breakeven, perte max, profit plafonné ou non
Partie 2 sur 6
Les Greeks : Delta, Gamma, Theta, Vega